La semaine dernière, à la suite du discours du Trône, j’exprimais ma crainte que le budget fédéral ne soit l’occasion pour le gouvernement d’avancer un agenda politique de droite au détriment du bien-être de la population, de son économie et de plusieurs des institutions qui nous sont chères.
Ma crainte était fondée.
Pas de hausse de la TPS pour la ramener à 7 %, une mesure qui peut générer des revenus de 12 milliards de dollars au gouvernement et éviter un déficit structurel. Le gouvernement a plutôt décidé de sabrer dans la fonction publique, ce qui entraînera forcément la disparition de programmes, de services et d’emplois.
Mais le jeu politique de ce budget se joue aussi de l’autre côté du plancher.
Quelques heures après le dépôt du budget, et probablement après avoir étudié les derniers sondages, voilà que le chef libéral Michael Ignatieff annonce tout bonnement que son caucus n’a pas l’intention de renverser le gouvernement sur la question du budget. Il va voter contre, mais il va aussi s’assurer qu’il y ait suffisamment de députés absents lors du vote pour ne pas renverser le gouvernement.
C’est donc dire que le gouvernement conservateur a maintenant un laissez-passer gratuit pour terminer son mandat de quatre ans. Après tout, rien ne saurait justifier maintenant que l’opposition renverse le gouvernement si elle laisse passer ce budget qui ne règle rien. L’odieux des décisions du gouvernement conservateur rejaillit maintenant aussi sur Ignatieff et sa cohorte de députés libéraux.
Y’aurait pas par hasard une université avec un poste vacant d’enseignant en littérature?
Reprise hâtive pour les parlementaires ténois
Les travaux de l’Assemblée législative viennent tout juste de se terminer, et pourtant, on parle déjà de la reprise parlementaire. C’est que la session d’été commencera plus tôt cette année. Dès le 23 mars, nos députés regagneront leurs sièges. C’est ce qu’a annoncé, le 8 mars, le président de la Chambre, Paul Delorey. D’ordinaire, au printemps, les travaux de l’Assemblée législative sont ajournés jusqu’à la mi-mai.
Chaude température : routes toujours ouvertes
Malgré les chaudes températures qu’a connues le Nord ces derniers jours, les principales routes de glace demeurent ouvertes, selon le ministère des Transports des Territoires du Nord-Ouest.
Le ministère a cependant dû restreindre l’accès à certaines routes durant le jour. C’est le cas des tronçons glacés entre Wrigley et Tulita, Gameti et Whati, ainsi que de la route d’accès pour la collectivité de Trout Lake. Ces chemins sont accessibles aux automobilistes de 22 h à 10 h le matin et sont fermés durant la journée.
La route de glace menant à Dettah, elle, est ouverte, ainsi que le pont de glace sur le fleuve Mackenzie à la hauteur de Fort Providence.
Mine mal nettoyée
Une ancienne mine d’uranium au nord-ouest de la collectivité de Behchoko aurait mal été nettoyée. Selon le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, la mine Rayrock renfermerait encore des débris et des déchets radioactifs alors que le nettoyage devait être terminé il y a 13 ans. La mine a été en opération durant deux ans dès 1959.
Inspecté chaque année depuis 10 ans, le site de la mine Rayrock est source d’inquiétude à Behchoko, puisqu’il se trouve en amont d’une source d’eau de la collectivité.
Pourvoyeur : à l’aide
Plusieurs pourvoyeurs de chasse aux caribous seraient sur le point de déclarer faillite aux Territoires du Nord-Ouest selon le député de Great Slave, Glen Abernethy.
Aux dires de ce dernier, le ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles aurait induit en erreur les pourvoiries en 2008, lorsqu’il a affirmé qu’il était sécuritaire de prendre des réservations pour 2009 et 2010. Selon Abernethy, le ministère est directement responsable de la misère des pourvoyeurs.
Le ministre de l’Environnement et des Ressources naturelles, Michael Miltenberger, se défend en affirmant que le ministère a investi 150 000 dollars pour aider les pourvoyeurs à s’ajuster à d’autres chasses, comme celle au bison.
Jeux de l’Arctique 2010
Les Jeux de l’Arctique 2010, qui ont lieu à Grande Prairie, en Alberta, ont débuté le 6 mars dernier. En date du 10 mars, les TNO avaient déjà accumulé 47 ulus, dont 15 d’or. L’Alaska domine cependant le classement général avec 104 ulus, dont 34 d’or.
En collaboration avec Radio Taïga
Alors que je croyais faibles les chances du club de participer aux séries éliminatoires avant la pause des Jeux olympiques, le club vient de remporter quatre de ses cinq matchs suivant la reprise des activités de la LNH. Résultat : le club se retrouve au septième rang de l’association de l’Est avec encore 14 matchs à disputer d’ici la fin de la saison.
Ce qui est le plus étonnant de cette performance, c’est que le Canadien l’a réalisée sans les services de son meilleur franc tireur, Michael Cammalleri, et sans une pièce importante de son jeu de puissance, Marc-André Bergeron.
Évidemment, rien n’est encore assuré pour ce club. On peut facilement prédire qu’il ne parviendra pas à monter dans le classement, car le club qui le précède au sixième rang, les Flyers, ont deux points d’avance et trois matchs de plus à disputer d’ici la fin de la saison.
Ce qui peut rassurer, c’est que les clubs qui sont derrière le Canadien dans le classement éprouvent tous des difficultés même s’ils ont quelques matchs de plus en main par rapport à Montréal. Deux clubs seulement connaissent du succès.
Les Bruins, installés deux points derrière Montréal, mais avec trois matchs en main, ont les meilleures chances de devancer Montréal. Cependant, même s’ils devancent Montréal, cela donnerait quand même le huitième rang au club montréalais. De plus, il faudra voir au cours des prochains matchs comment Boston réagira alors que Marc Savard ratera vraisemblablement le reste de la saison.
Puis il y a les Hurricanes, 11 points derrière le Canadien et avec trois matchs en main. Le club de la Caroline est également sur une lancée, ayant remporté huit de leurs 10 derniers matchs. S’ils maintiennent leur allure, il y a quand même de minces possibilités de les voir s’approcher dangereusement du huitième rang.
Pour le reste, ce sont des clubs qui jouent à peine pour 500, et à moins que le Canadien ne flanche (genre Gainey de retour derrière le banc et qui revient match après match avec Price dans les buts), les chances de se faire rattraper sont minces.
Un dernier facteur qui joue en faveur du Canadien, c’est qu’à l’exception de Halak, les autres olympiens du club (Plekanec, Markov et Sergei Kostitsyn) ne se sont pas rendus très loin dans le tournoi olympique et ont pu bénéficier d’un peu de repos. À long terme (fin du calendrier et séries éliminatoires), cela devrait jouer en faveur du Canadien.
Le budget fédéral 2010 se concentre sur trois actions dans le Nord.
Le ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty, a soumis le jeudi 4 mars, un budget qui frôle les 50 milliards de dollars de déficit pour l’année 2010-2011. Alors qu’il planifie un retour à l’équilibre budgétaire après le budget 2014-2015, le gouvernement du Canada veut conclure la mise en œuvre des mesures de stimulation économique, freiner l’augmentation des dépenses de programmes gouvernementaux, et finalement examiner les dépenses administratives du gouvernement. Ces trois actions articulent essentiellement l’attention que le budget fédéral porte au Nord, cette année : bâtir la station de recherche de l’Extrême Arctique canadien, geler la masse salariale de la fonction publique et réformer le système réglementaire présent aux TNO.
Fonction publique
Le budget 2010 propose de restreindre les dépenses de l’État et de dégager 17,6 milliards de dollars en cinq ans. Sans trop donner de détails sur son plan d’action, le ministre Flaherty a néanmoins présenté des mesures qui toucheront divers ministères fédéraux. « À compter de cette année, nous allons geler le total des dépenses pour les salaires des employés du gouvernement, l’administration de l’État et les frais généraux. Nous allons geler le budget d’ensemble des cabinets des ministres », a-t-il déclaré en Chambre des communes. Les conséquences pour les travailleurs de la fonction publique se traduiront grossièrement par une réduction de la masse salariale.
Aux TNO, le vice-président exécutif régional de l’Alliance de la fonction publique, Jean-François Des Lauriers, estime que ce sont près de 400 employés qui travaillent dans différents ministères et agences fédérales. « Dans le cadre de nos conventions collectives signées en 2008, nous nous sommes entendus avec le gouvernement sur une augmentation salariale de 1,5 %. Cependant, [le gouvernement] vient de déclarer que ces montants devront provenir des fonds d’opération des ministères. Donc, les gestionnaires devront trouver ces montants à même les fonds alloués pour les services et l’opération des ministères. Ce qui nous inquiète, c’est de voir des coupures de poste et une compression au niveau des prestations de services », indique le syndicaliste. Déjà, il dit appréhender les futures négociations des conventions collectives alors que les ententes actuelles prennent fin à l’été 2011.
Le député de Western Arctic, Dennis Bevington, s’inquiète quant à lui des répercussions environnementales que vont infliger ces coupures au sein de la fonction publique. « Les ministères de l’Environnement du Canada et des Ressources naturelles du Canada subiront de larges coupures. Ces ministères contrôlent et effectuent d’importantes recherches sur les conditions nordiques, et même si nous ne connaissons pas la nature de ces compressions, il est certain que cela va réduire notre capacité à faire face aux changements climatiques, au développement des ressources naturelles ici dans le Nord », rétorque-t-il.
Le régime de réglementation
Ce sont 11 millions de dollars qui seront alloués sur deux ans à la réforme du régime règlementaire. En conférence de presse adressée aux médias nordiques, le ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien, Chuck Strahl, a prétendu que le régime actuel était trop compliqué, qu’il est nécessaire de mettre en place un système permettant l’accélération des examens sur les projets d’exploitation des ressources naturelles dans le Nord et de voir ceux qui recevront une autorisation se concrétiser plus rapidement. Selon Dennis Bevington, il n’est pas nécessaire de modifier la législation en place pour effectuer une amélioration inévitable de ce processus réglementaire. Pour lui, il faut mettre en application les plans d’aménagement du territoire, tout comme le rapport McCrank le recommandait au ministre il y a maintenant deux ans. « Sans ce travail effectué sur les plans d’aménagement, chaque projet doit être examiné en l’absence d’un plan régional, et c’est cela qui cause des problèmes. »
Bâtir
Le gouvernement alimentera également la seconde année du plan d’action du Canada, qui se concentre sur les projets d’infrastructures aux TNO. Dans le discours du budget, il a été mentionné que le gouvernement passera à la prochaine étape de la conception de la station de recherche, alors qu’il n’est pas encore décidé où elle sera construite. Ce sont 18 millions de dollars sur cinq ans qui seront alloués à cette phase de développement. Le ministre Strahl a avoué que les candidatures des trois collectivités du Nunavut qui restaient en lice pour accueillir ce centre de recherche, soit Cambridge Bay, Pond Inlet et Resolute, étaient de valeur égale. « À ce point-ci, les trois collectivités sont bonnes, elles ont fait de bonnes présentations. Néanmoins, nous devrons faire un choix, et ce choix sera annoncé bientôt, je l’espère, car certains travaux préliminaires doivent être effectués cet été sur le site de construction qui sera choisi. »
Avec la collaboration de Batiste Foisy
Le ministère des Transports assure que le projet sera concrétisé fin 2011.
Le 3 mars, Kevin Mcleod, le responsable du système routier au gouvernement des TNO, a présenté l’équipe qui terminera les travaux de construction du pont du Deh Cho. La compagnie néo-brunswickoise Atcon, qui était, jusqu’en décembre 2009, le principal entrepreneur du projet, cède sa place à une compagnie de la Colombie-Britannique. C’est Ruskin Construction qui complètera ainsi le plus gros projet d’infrastructure que les TNO aient connu. La conclusion de la phase II est prévue pour le mois de novembre 2011, alors que la phase I sera achevée durant le mois de mars. Cette dernière consistait à élever les huit piliers de ce pont, qui doit relier la région du Slave Nord au reste du réseau routier canadien. La prochaine et dernière phase verra l’installation du tablier et des armatures.
Le projet est maintenant estimé à 182,4 millions de dollars, et Kevin Mcleod assure qu’une équipe d’ingénieurs associée avec l‘entrepreneur principal sera sur le site de construction pour évaluer le chantier et en établir une vision plus transparente et plus précise, et ce, jusqu’à sa finition. Récemment, il a été annoncé que la facture de la phase I s’élève à 63 millions de dollars et que pour l’instant, le montant total dépensé pour ce projet se chiffrait à 82,7 millions de dollars.
Lors de cette conférence de presse, le gouvernement a affirmé que la corporation du pont du Deh Cho, qui est à la source du développement de ce projet, était actuellement en consultation interne pour évaluer quelle sera leur nouvelle implication dans le cadre de la phase II du projet. Contacté par L’Aquilon, Andrew Gamble, qui demeurait le directeur de ce projet de la corporation du pont du Deh Cho, a affirmé qu’il se retirait des activités de la corporation dès la fin mars. « Mon implication est en transition vers le nouveau gestionnaire du projet, car je ne serai pas impliqué dans la phase II », dit-il.
Dans le courant de la semaine, le gouvernement des TNO a annoncé qu’il désirerait devenir le nouveau gestionnaire de ce projet de construction. Pour ce faire, l’Assemblée législative ténoise reprendra les travaux en Chambre lors d’une session extraordinaire, qui débutera le 23 mars prochain. C’est alors que les députés considéreront un projet de loi pour établir l’autorité nécessaire afin d’assumer et de gérer les actifs de ce pont.
Les jeunes du rassemblement jeunesse nordique 2010 repartent heureux de leurs cinq jours d’activités nordiques.
Concerts, danse sociale, tire sur la neige, soirée de quilles, château de neige, aurores boréales, atelier de musique… la liste ne finit plus. La vingtaine de jeunes francophones qui se sont retrouvés à Yellowknife pour cinq jours d’échange, de complicité et d’amusement ont été comblés par un horaire divertissant et bien équilibré. Répondant aux questions de L’Aquilon à la veille de leur départ, plusieurs adolescents ont dessiné de façon claire une tendance quant à cet événement apprécié : le regroupement était excellent et les chiens de traîneau inoubliables.
Jocelyne Therrien, qui accompagne trois jeunes du Manitoba, décrit cette expérience de cinq jours comme intéressante pour ces jeunes des Prairies, alors qu’ils ont fait connaissance avec de nouvelles cultures. « C’est bien de voir les autres cultures, comme les jeux de mains dénés. Nous avons joué du tambour avec eux, et c’était vraiment bien. C’est important que l’on puisse tous s’exprimer en français, car on apprend de nouvelles expressions et des affaires comme ça », raconte l’accompagnatrice. Pour elle, le point saillant du rassemblement était la ballade en traîneaux à chiens. « Les chiens étaient tellement petits, mais ils étaient tellement forts. On allait vraiment vite, j’ai tellement aimé ça », ajoute-t-elle.
Pour Ryan Donovan, qui vit à Inuvik, c’était sa seconde participation au rassemblement jeunesse. Pour lui aussi, c’est le traîneau à chiens qui a été le plus amusant. Même s’il connaît bien cette activité, c’est l’expérience de le faire avec son groupe de jeunes francophones qui lui a vraiment plu. Il estime également que le jeu de quilles était amusant. Étant incapable de faire cette activité à Inuvik en raison de l’absence de salon de quilles, il se dit heureux d’y avoir été, avec une ambiance de groupe qui a là encore fait une différence. Ryan Donovan pense que l’idée d’un regroupement de la jeunesse francophone provenant de différentes régions de l’Ouest et du Nord se résume en quelques mots : « Ça fait qu’il y a encore beaucoup de personnes qui parlent en français, et pas tous en anglais ». Selon lui, l’un des bons points de cette année réside dans le fait qu’ils n’étaient pas logés à l’hôtel, mais dans une école, ce qui leur a permis de souvent jouer dans le gymnase.
Christopher Cimon vient de Yellowknife et participe pour la première fois à un regroupement de la jeunesse francophone. « C’est bien, parce que je peux me faire plus d’amis. On en a bien profité pendant le temps qu’ils étaient là, car je ne suis pas certain comment on va garder contact. Moi, j’ai beaucoup apprécié quand on a fait la tire sur la neige. » Christopher Cimon juge que le rassemblement avait un emploi du temps adéquatement chargé. Il ne s’empêche pas néanmoins de calculer que s’ils étaient plus de jeunes, le programme récolterait plus d’argent, et il y a aurait encore davantage d’activités.
Isabelle Donati Simmons est venue avec deux autres jeunes de la Colombie-Britannique. « Les personnes ici sont vraiment gentilles et détendues, et c’est quelque chose que j’ai aimé beaucoup », témoigne-t-elle. Pour cette jeune de 14 ans, il était important que le groupe soit formé d’adolescents d’âges différents. « J’ai déjà participé à des activités comme ça, mais on avait tous le même âge. Ici, les plus âgés avaient 17 ans, et les plus jeunes 13 ans. C’était bien cette différence. » Du point de vue de la langue, elle prétend parler beaucoup plus en français durant ces activités, ce qu’elle apprécie.
Le nouveau directeur général de la Fédération franco-ténoise ne veut pas faire « de la petite politique de mesquinerie ».
Francis Lemieux ne cache pas son passé de militant du Parti libéral du Canada, pas plus qu’il ne renonce à ses préférences politiques. Mais le nouveau directeur général de la Fédération franco-ténoise (FFT) entend assumer ses nouvelles fonctions de façon tout à fait non-partisane
« Je n’ai jamais mélangé politique partisane et intérêts professionnels, confie-t-il en entrevue avec CIVR Radio Taïga. Lorsque j’aurai à rencontrer des gens du NPD, des gens du Parti conservateur ou du Parti libéral ou du Bloc québécois ou d’autres formations politiques, je n’ai pas l’intention de faire de la petite politique de mesquinerie. Ce qui prime, d’abord et avant tout, c’est la défense des droits des francophones des Territoires du Nord-Ouest. »
Celui qui a occupé un certain temps le poste de président de l’Association libérale fédérale du comté de Lévis-Bellechasse se dit en outre à l’aise de travailler avec des gens de tous les milieux politiques. « J’ai eu des bonnes relations avec des gens du Parti conservateur autant que du Parti québécois ou du Parti libéral [du Québec] et du Parti libéral fédéral », dit-il.
Celui qui a grandi et vécu la plus grande partie de sa vie dans la région de Chaudière-Appalaches, près de Québec, admet avoir peu d’expérience dans le milieu francophone minoritaire, mais il mise sur sa vaste expérience de gestionnaire pour en faire bénéficier l’organisme porte-parole de la francophonie des Territoires du Nord-Ouest.
Dans ses expériences professionnelles précédentes, note-t-il, « il se dégage des tangentes communes qui sont, premièrement, le travail en collaboration, deuxièmement, le travail avec plusieurs partenaires, et troisièmement, la défense des droits. » À cet égard, celui qui a œuvré au sein de différentes chambres de commerce précise s’être « battu pour faire valoir les droits des entrepreneurs ».
Collaboration
Francis Lemieux arrive à la direction de la FFT, alors que l’organisme entreprend une nouvelle ère de son développement. Après avoir épuisé les recours judiciaires, le défenseur des droits des Franco-Ténois doit maintenant veiller à la mise en application de l’ordonnance de la juge Moreau, qui intime le gouvernement des TNO d’offrir une panoplie de services en français en conformité avec la Loi sur les langues officielles territoriale.
« Je pense que, le climat de confrontation, on peut dire que c’est chose du passé, déclare Francis Lemieux. Nous cherchons des terrains d’entente. »
Il annonce que la table de concertation qui doit se pencher sur la mise en œuvre de l’ordonnance Moreau pourrait se réunir pour la première fois dès le mois d’avril. Il faudra sans doute attendre au moins trois ans avant que des résultats au niveau de l’offre gouvernementale de services en français soient palpables, tempère-t-il, prudent.
Des discussions en vue de la préparation de cette première rencontre de la table de mise en œuvre devaient même avoir lieu cette semaine, confie celui qui a pris les rênes de la FFT il y a moins de quinze jours.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ancien directeur général de l’Expo-BBQ Bellechasse, une foire agricole, se retrouve sur le plancher des vaches.
Ne vous demandez pas pourquoi, cette année, il n’y aura pas de Dictée des Amériques, puisque l’édition de 2009 était la dernière. En effet, pour des raisons budgétaires, la chaîne de Télé-Québec a décidé de mettre un point final à la Dictée.
Mais ne vous inquiétez pas, le service d’alphabétisation Alpha TNO, en partenariat avec l’AFCY, voulant continuer d’offrir une dictée, vous invite à la Dictée des mots rigolos le mardi 16 mars prochain, de 19 h à 21 h, à la bibliothèque municipale de Yellowknife. Parmi les prix de présence, il y aura le logiciel de correction Antidote ainsi qu’un dictionnaire Larousse 2010 grand format, et plus encore. Pour vous inscrire, contactez Vicky au 920-2919 poste 256 ou par courriel à l’adresse alpha@franco-nord.com
Venez vous amuser avec nous.
Les élèves de l’école J.H. Sissons parlent du Nord.
Que ce soit en traitant du dépotoir, des Inuksuits, des Jeux d’hiver de l’Arctique ou du Snowking, les présentations des élèves de l’école d’immersion française de Yellowknife demandaient à tous ses visiteurs de regarder dans une même direction : l’histoire du Nord. Le jeudi 4 mars, ce sont 46 projets en français qui remplissaient le gymnase de l’école J.H. Sissons lors de sa 3e édition consécutive de la foire du patrimoine.
Selon Monique Marinier, enseignante d’une classe de 5e année, cette foire est le résultat d’un travail de longue haleine. « Nous travaillons sur ces travaux depuis le mois de janvier, et nous avons suivi des étapes de travail pour que les élèves intègrent des habitudes de réalisation de projet. Il ne fallait pas qu’il m’arrive la veille avec le stress d’avoir un présentoir à monter, des recherches à conduire et une présentation à répéter », affirme l’enseignante, en ajoutant que ce n’est pas forcément le produit final qui compte le plus à ses yeux, mais bien la capacité de l’élève à concrétiser un projet d’envergure.
Alors qu’ils attendent patiemment leur tour pour être jugés trois fois durant la journée, les élèves restent assis devant leur présentoir coloré, le plus souvent illustré. Quand le juge arrive, ces jeunes s’élancent dans leur présentation. Certains lisent l’information disposée sur leur présentoir, d’autres s’aident de petites fiches pour ne pas perdre le fil de leur monologue, quelques-uns récitent un texte qu’ils ont appris par cœur. Ils sont parfois timides, loquaces, drôles ou passionnés, mais chacun adopte un comportement qui reflète tout de même leur personnalité.
Ally Macinnis a formé une équipe avec Kyra Hanninen. Elles ont décidé d’innover, disent-elles, pour sortir des présentations rébarbatives où il n’y a que les élèves qui se creusent la tête. Elles ont inventé un jeu interactif où le visiteur fait tourner une roue qui va désigner une couleur. Cette couleur correspond à une question sur les différents noms que peuvent posséder les collectivités des TNO. Pour ces jeunes filles, le fait que les gens puissent se rappeler que Fort Norman et Snowdrift soient respectivement les anciens noms de Tulita et de Lutselk’e apporte beaucoup à l’héritage des TNO. « C’est bien que les lieux où les gens habitent aient une signification pour eux. Je trouve ça bien que “là où les eaux se rencontrent” et “place du Lutsel (un petit poisson)” soient des noms de collectivités qui reflètent la culture autochtone plus que celle d’un blanc qui arrive et qui décide pour tout. » Les deux jeunes filles veulent que plus de villes encore adoptent à nouveau leur nom traditionnel. Elles proposent donc que Yellowknife soit renommée Somba k’e, qui, en langue tlicho, veut dire « l’endroit où se trouve l’argent ».
Les sœurs Firth, et leur exploit d’avoir participé à quatre Jeux olympiques d’hiver, ont été soulignés par Anika Affleck, qui elle aussi pratique le ski de fond. La jeune athlète a adopté Sharon et Shirley Firth comme modèles pour fonder ses espoirs de performance sportive. « Ces deux femmes ont été les premières femmes autochtones à faire partie de l’équipe nationale, je trouve ça inspirant », explique la jeune fille, qui arborait une tenue de fondeuse et présentait les anciens skis de l’une des deux jumelles.
Pour Blaire Russell, c’est la mine Con qu’elle trouvait importante à présenter. Elle raconte que son beau-père a grandi et travaillé dans cette mine. Elle présente même une photo où, tout jeune garçon, il salue la reine d’Angleterre en visite à Yellowknife. « J’aime le puits de mine Robertson. J’estime qu’il est bien comme ça, et je ne suis pas certaine que je veuille que la ville le transforme en quoi que ce soit, je veux qu’il reste comme il est. »
La foire annuelle régionale aura lieu le vendredi 30 avril et le samedi 1er mai, et 75 élèves de Yellowknife participeront à cette foire. Pour l’instant, les noms des meilleurs projets de l’école Sissons ne peuvent pas être divulgués, car il faut attendre la tenue des autres foires d’écoles de la ville pour établir combien d’élèves de l’école d’immersion feront partie de cette délégation de 75 élèves de Yellowknife.
Les élèves de l’école Boréale ont participé au premier camp de trappe, organisé par Stéphane Millet, responsable du programme Dene Kede à Hay River.
Depuis le début de l’année scolaire 2009, Stéphane Millet travaille à la mise en place d’un programme Dene Kede à Hay River qui répond aux exigences du ministère de l’Éducation des TNO. Pour les élèves de l’école Boréale, un camp de castor avait déjà été expérimenté, mais il s’agissait d’une première pour le camp de trappe. Celui-ci s’adressait à tous les élèves de la classe de 5e et 6e année. Il a aussi été vécu par certains élèves de la 4e à la 6e année, ainsi que de la 7e et de la 8e année, dans le cadre d’un programme de leadership. Pour ce dernier, les organisateurs, ainsi que l’équipe-école, ont tenu à choisir des jeunes qui aimaient le plein air, mais qui, aussi, étaient souvent les plus réservés lors des activités. « On voulait des jeunes qu’on n’entend pas normalement », raconte M. Millette, en ajoutant qu’il s’agissait aussi de les amener à s’exprimer et à travailler en équipe. Un partenariat avec l’école élémentaire Princess Alexandra a d’ailleurs été mis en place, puisque des jeunes se sont joints aux élèves de 7e et de 8e année.
« Je suis extrêmement satisfaite de la structure que cet événement a prise cette année », a partagé Sophie Call, directrice de l’école francophone de Hay River. Elle rapporte que le but de ce camp de trappe était, en plus du volet éducatif, de développer un volet plus personnel, c’est-à-dire d’amener les jeunes à comprendre avec plus de profondeur les valeurs et modes de vie autochtones, en les vivant. Par son travail de préparation très élaboré, M. Millette, en partenariat avec M. Steve Beck, a permis l’atteinte de ces objectifs.
Patrick Poisson, enseignant de la classe de 5e et 6e année rapporte que ses élèves, à qui le camp de trappe s’adressait, ont apprécié l’expérience. Il raconte d’ailleurs qu’il avait été impressionné de voir le respect des Autochtones à l’égard de leurs aînés. M. Poisson était content que ses élèves aient pu voir de leurs propres yeux cette réalité. Même la monitrice de langue à l’école francophone, qui a eu la chance d’y participer, s’est dite plus que satisfaite de l’expérience unique qui lui a été donnée de vivre.
En plus de la trappe traditionnelle, les jeunes ont pu faire une randonnée de plus de 50 kilomètres à la recherche de caribous. Ils ont eu la chance de faire du traîneau à chiens, de participer au dépeçage de martres et d’assister à celui d’un lynx. Les élèves ont aussi appris à construire et à poser des collets de lièvres. M. Millette confie que la tenue des activités a été grandement facilitée par la présence de M. Beck et son aisance à communiquer avec les jeunes. « C’est un éducateur né! », a même partagé Stéphane Millette. Le camp de trappe de cette année a été réalisé grâce aux démarches de l’organisateur auprès du ministère de l’Industrie, du Tourisme et de l’Investissement, en coopération avec le ministère des Affaires municipales et communautaires et le ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles. Le financement supplémentaire a permis à l’école Boréale « d’offrir ce camp de qualité », souligne Sophie Call. Il sera assurément repris l’an prochain.
Shawn Buckley, un pêcheur, Jerry Hordal, un garde-chasse, et Jamie Bastedo, un conteur, ont été du nombre des présentateurs.
L’AFCY débute les célébrations de son 25e anniversaire avec un record de participation.
Le samedi 6 mars, la baie de Yellowknife s’est transformée en un lieu de fête francophone. Le concert du groupe montréalais Orange Orange a surchauffé le XVe château de neige lors de la nuit francophone, qui s’est avérée très achalandée. « 275 personnes! C’est notre meilleure performance pour une de nos activités ces dernières années », bouillonne encore Roland Charest, le directeur général de l’Association franco-culturelle de Yellowknife, au lendemain de cet événement qui lançait les célébrations du vingt-cinquième anniversaire de l’Association.
Les réjouissances francophones ont débuté dès l’après-midi, alors que l’AFCY a offert une activité de tire sur la neige devant le château du Snowking. Selon M. Charest, ce sont plus de 150 personnes qui ont dégusté ces bâtonnets sucrés qui font la réputation de l’Association depuis tant d’années. Plus tard, c’est un quart de millier de spectateurs qui se sont pressés dans l’enceinte du château pour bouger au rythme du duo francophone. « Cette première journée est un franc succès, dit-il. Nous devons beaucoup à l’équipe de la radio qui a fait une très bonne campagne de promotion pour le spectacle. »
Pour Rudy Desjardins, le directeur de la programmation de la radio francophone de Yellowknife, cette expérience démontre la force d’un concept qui colle à l’image de Radio Taïga : « L’alternative musicale ». « Lorsque l’on fait monter des artistes francophones de qualité, les gens se déplacent, avance-t-il. Nous avons vu beaucoup de gens, beaucoup de visages que l’on n’a pas l’habitude de voir dans nos activités traditionnelles. Beaucoup de francophones, mais aussi beaucoup d’anglophones, ce qui prouve que lorsqu’on propose quelque chose de différent à Yellowknife, les gens répondent bien. »
Avec ce spectacle d’envergure, Radio Taïga s’est tournée vers les réseaux sociaux pour développer une promotion sans précédent. « La promotion sur Internet a été bien faite et s’avère être un modèle de marketing très efficace. On a publié des entrevues et de la publicité à travers les réseaux sociaux, tels que Facebook. Ce volet est vraiment venu appuyer la promotion traditionnelle que l’on a faite avec des affiches en ville et la publicité à la radio. Même si je ne sais plus si ce sont les réseaux sociaux qui viennent appuyer la radio ou la radio qui appuie le réseau social tellement cela prend de l’ampleur », constate-t-il.
Pour Snowbelle, qui coordonne la programmation du festival depuis plusieurs années, cette nuit francophone égale un record d’assistance en 15 ans d’histoire du festival du Snowking. « 275 personnes, c’est ce qu’on a vu l’an passé lors de notre concert avec Leela Gilday. C’est un record de participation. Nous sommes tellement fiers de ce qu’est devenue la nuit francophone depuis que nous l’avons instaurée il y a deux ans. C’est vraiment un gros succès qui est beaucoup attribuable à la radio francophone », abonde-t-elle, en précisant que la présentation de grosse pointure musicale provenant du Sud est toujours un excellent ajout à l’affiche locale du festival.
Rudy Desjardins atteste que ce fut un plaisir partagé par les membres du groupe Orange Orange. Eux qui s’étaient dits habitués à jouer sur des scènes atypiques ont avoué avoir vécu toute une expérience sur l’inusitée scène gelée du château. Rudy Desjardins raconte même que le ciel de Yellowknife aurait salué l’apparition colorée du duo en servant, à tous ceux qui savent lever les yeux les soirs de nuit étoilée, une aurore boréale avec certaines teintes d’orange.
J’ai bien hâte de voir ce que contiendra le prochain budget fédéral.
Les intentions du gouvernement conservateur telles que déclarées dans le Discours du Trône n’offrent guère de surprises tant à titre de gouvernement de droite en période préélectorale que dans les circonstances pénibles de la récession économique mondiale.
La plupart des analystes financiers enjoignent le gouvernement conservateur à revenir sur sa décision de réduire de 2 % la TPS. Cette décision a eu pour effet de plonger le Canada dans une situation de déficit structurel en raison de ce manque à gagner de 12 milliards de dollars annuellement. Puisqu’il faut maintenant combattre le déficit, le gouvernement devrait ramener cette taxe au niveau de 7 %. Mais ce serait mal jugé ce gouvernement que de s’attendre à ce qu’il prenne des décisions budgétaires qui risquent de se retourner contre lui en période électorale. Mieux vaut laisser le fardeau à un autre gouvernement ou à lui-même s’il devient finalement majoritaire.
Le message lancé dans le discours est plutôt de s’attaquer à l’appareil d’État, aux vilains fonctionnaires qui dépensent l’argent gagné durement par les pauvres contribuables canadiens : une formule gagnante s’il en est une, c’est certain.
Je ne remets pas en question qu’il y ait une nécessité de rétablir l’équilibre budgétaire du gouvernement fédéral. Ce que je remets souvent en question, c’est lorsque des décisions purement politiques viennent affecter le bien-être du Canada tout entier, y compris sa fonction publique et ses programmes sociaux.
Je ne vois pas non plus comment on peut faire confiance à ce gouvernement en matière d’économie et de finances publiques. Depuis quelques années, les économistes et fiscalistes ne cessent de prévenir Harper et Flaherty de la situation catastrophique de nos finances, mais le gouvernement s’entête à faire selon son bon vouloir électoraliste sans se soucier des conséquences et en nous plongeant dans un déficit de 56 milliards par année.
J’ai hâte au budget mais j’ai aussi de très grandes craintes.
Podium des arts
Le dimanche14 mars, au Centre du patrimoine septentrional du Prince-de-Galles, l’Association franco-culturelle de Yellowknife « porte-étendard des arts francophones aux TNO » portera au podium les plus grands artistes francophones de TNO et les grands bâtisseurs de la francophonie à Yellowknife. Cette cérémonie précédera une semaine d’exposition de sculptures, de bijoux, de tableaux, de livres, de tissages, de courtes pointes créées par des personnalités qui ont travaillé ou travaillent encore à soutenir la francophonie à Yellowknife. L’AFCY se fait l’honneur d’inviter le public à cet évènement sans précédent où ces personnalités seront réunies pour célébrer le fait francophone aux TNO.
Réglementer le transport maritime dans l’Arctique
Le gouvernement fédéral exigera des navires de grandes tailles qui naviguent dans les eaux de l’Arctique canadien qu’ils se rapportent aux autorités. Le ministre fédéral des transports, John Baird, en a fait l’annonce par communiqué vendredi.
Cette mesure aidera à garantir une navigation efficace et la sécurité des vaisseaux tout en protégeant l’environnement marin. Les bateaux canadiens et étrangers devront donner leur identité et leur itinéraire avant d’entrer dans le Passage du nord-ouest.
Coût de la vie : important pour les mineurs
Un sondage effectué auprès des travailleurs miniers aux Territoires du Nord-Ouest démontre que le coût de la vie et la proximité familiale sont les préoccupations premières de ces derniers.
1705 mineurs ont été interrogés l’an dernier sur leur sentiment à l’égard de travailler dans le territoire. Les mines de diamants sont l’industrie la plus prospère aux territoires et le gouvernement se demande comment garder ses ressources personnelles aux TNO.
Pour les travailleurs qui résident dans le territoire, la proximité avec la famille est le premier facteur. Pour ceux qui retournent dans leur province toutes les deux semaines, le coût de la vie, particulièrement des logements et des maisons, est la préoccupation première.
Le gouvernement s'est donné comme objectif d’attirer 100 travailleurs à s’installer aux TNO et y vivre pour trois ans.
La souveraineté nationale en Arctique, la recherche polaire et la dévolution de pouvoirs aux territoires faisaient partie d’un Discours du Trône dominé par l’économie.
Une nouvelle session parlementaire s’est ouverte, le 3 mars, à la Chambre des communes, à Ottawa. Dans le Discours du Trône qu’a prononcé la gouverneure générale du Canada, Michaelle Jean, on annonce un certain nombre de mesures visant le Nord.
Dans la foulée de l’évaluation environnementale tortueuse du Projet gazier du Mackenzie, le gouvernement conservateur veut réduire le fardeau réglementaire pour faciliter l’approbation des projets de développement dans les territoires.
« La Commission d’examen conjoint du Projet gazier Mackenzie a terminé son rapport, a récité la gouverneure générale. Notre gouvernement réformera le régime de réglementation appliqué dans le Nord. Ainsi, il fera en sorte que le potentiel en matière de ressources de la région soit exploité, là où cette option est viable sur le plan commercial. Simultanément, il garantira un meilleur processus afin de protéger notre environnement. »
Le discours annonce également l’intention de créer une station de recherche de calibre international dans le Haut-Arctique, une initiative qui vise sensément à faire s’estomper les critiques venant du milieu scientifique. Ces derniers mois, de nombreux chercheurs ont critiqué le manque de fonds pour soutenir la recherche polaire canadienne.
La question de la dévolution aux territoires de pouvoirs similaires aux provinces a également été effleurée, de même que l’enjeu de la souveraineté nationale dans l’Arctique.
« Notre gouvernement continuera de défendre vigoureusement la souveraineté du Canada dans l’Arctique, est-il souligné dans le Discours du Trône. Il continuera de dessiner la carte de nos ressources et eaux dans le Nord. Il prendra des mesures visant à accroître la sécurité maritime et à réduire la pollution découlant du transport et de tout autre trafic maritime. »
Dans ce Discours du Trône dominé par les questions économiques la francophonie occupait une part négligeable. Néanmoins, il en a tout de même été mention. La formule retenue visait davantage le Québec que les communautés de langues officielles en situation minoritaire.
« Dans la foulée de la reconnaissance que les Québécois forment une nation au sein d’un Canada uni, et de l’établissement de la Feuille de route pour la dualité linguistique canadienne, peut-on lire, notre gouvernement prendra des mesures en vue de renforcer davantage l’identité francophone du Canada. »
Le gouvernement conservateur s’est, en outre, engagé à rétablir l’équilibre budgétaire.
Le député de Western Arctic, Dennis Bevington, n’était pas dans l’enceinte parlementaire pour entendre le Discours du Trône. Le néo-démocrate se trouvait toujours en Argentine après s’être retrouvé coincé au Chili, où il prenait des vacances avec son épouse Joan, à la suite du tremblement de terre du 27 février.
À son bureau de comté, au moment de mettre sous presse, on ne savait pas avec exactitude quand le député qui représente les TNO à la Chambre des communes sera de retour au pays. Son attaché de presse a indiqué espérer qu’il soit à Ottawa à temps pour le dépôt du budget du 4 mars.
Fin mars, le Canada sera l’hôte d’une conférence internationale des États circumpolaires, mais les peuples du Nord ne sont pas sur la liste des invités. L’Islande, la Finlande et la Suède ont également été écartées des pourparlers.
Alors qu’il est coutume de tenir les discussions qui ont trait à la propriété de l’Arctique au sein du Conseil de l’Arctique, qui regroupe les huit États circumpolaires ainsi que des délégués des communautés inuites et des Premières nations, le gouvernement conservateur a choisi de s’en tenir à ce qu’il désigne comme les « États côtiers » de l’Arctique. Les ministres des Affaires étrangères des États-Unis, de la Russie, du Danemark et de la Norvège ont rendez-vous à Chelsea au Québec le 29 mars, pour une rencontre présidée par le ministre canadien Lawrence Cannon.
L’ambassadrice de l’Islande au Canada, Sigridur Anna Thordardottir, estime que le Canada crée ici un dangereux précédent diplomatique.
« Nous tenons à conserver le principe des huit États arctiques », affirme la diplomate en entrevue avec CIVR Radio Taïga.
Elle craint que le Canada ne cherche à former une nouvelle table de discussion pour aborder la question de la souveraineté dans l’Arctique où son petit pays insulaire serait exclu.
« L’Islande est une île, affirme l’ambassadrice. En tant qu’État côtier et que peuple pêcheur, nous avons un intérêt certain dans l’océan Arctique. Nous voulons être à la table de négociations quand des enjeux qui concernent nos intérêts sont discutés. »
L’Islande, note-t-elle, est signataire de la Convention de la mer des Nations Unies qui sert d’étalon de référence quand vient le temps de déterminer qui possède quoi dans l’océan Arctique.
« Nous avons envoyé des lettres de protestation à chacun des pays qui seront à la rencontre [de Chelsea], poursuit Mme Thodardottir. […] Nous espérons une réponse, mais il semble que la décision ait déjà été arrêtée. »
Les organisations qui représentent les intérêts des peuples autochtones du Nord aussi sont choquées par la manœuvre. L’Inuit Tapiriit Kanatami qui représente les Inuits du Nunavut et du Nord du Québec a vivement protesté. «Il est inconcevable que le gouvernement du Canada envisage de tenir une conférence pour discuter du développement économique et de la protection environnementale de l'Arctique sans faire appel à la participation des Inuits qui devront vivre avec les conséquences de nouvelles politiques. Cela sent le paternalisme», a déclaré leur président par intérim Pita Aatami.
Outre cette organisation , si le Canada avait choisi de tenir sa conférence sous l’égide du Conseil de l’Arctique, il aurait également dû envoyer des faire-part à la Conférence circumpolaire inuite, le Saami Council, et l'Association des minorités autochtones du Nord, de la Sibérie et des régions extrême-orientales de la Fédération de Russie.
Le Conseil Arctique est d’ailleurs une initiative canadienne. Il a été fondé en 1996, à Ottawa. À leur entrée au gouvernement, il y a quatre ans, une des premières initiatives nordiques des Conservateurs avait été de supprimer le poste d’ambassadeur du monde circumpolaire, un poste diplomatique créé en même temps que le Conseil de l’Arctique
Léo Paul Provencher livre un bilan de ses sept années à la direction de la FFT.
Après une semaine au poste de directeur général de la Fédération franco-ténoise, Léo-Paul Provencher était présent devant la Cour à Régina, pour participer à l’interrogatoire préalable dans la cause : FFT contre gouvernement TNO. Un dossier sur la défense des droits linguistiques aux TNO qui allait habiter son mandat durant ces sept prochaines années. Ironiquement, c’est avec un colloque à Régina soulignant l’importance d’une autre cause : Caron contre le gouvernement de l’Alberta, et ses répercussions possibles sur l’avenir de la francophonie dans l’Ouest canadien, que M. Provencher met un point final à ses fonctions de DG de l’organisme porte-parole de la francophonie ténoise.
« J’ai été de toutes les heures dans ce dossier là. De toutes les semaines et de tous les mois. Ce dossier avec ses multiples étapes et rebondissement, nous a occupé (les représentants de la communauté, le conseil d’administration et la direction générale) très intensément à certaine période », témoigne Léo-Paul Provencher. Ce dernier dit pressentir une nouvelle ère au niveau des droits linguistiques aux Territoires. En effet, il quitte alors que le gouvernement ténois et la FFT sont, quatre ans après la décision de la juge Moreau, sur le point de collaborer pour s’occuper de la communauté et d’améliorer les communications et la prestation des services offerts ici par le gouvernement territorial.
Accomplissements
L’ancien DG parle également de l’amélioration des services offerts par la FFT depuis les dernières années. « En 2003, j’étais seul; le mois d’après, j’avais une adjointe administrative et on est parti de là. De deux personnes nous avons bâti une équipe de huit pour soutenir ce que sont aujourd’hui les services de la FFT : Jeunesse, Santé en français, Alphabétisation, puis Ainés, Immigration, et Collège plus récemment. »
En 2004, la mise en place du conseil territorial des présidences et des permanences (CTPP), marque selon M. Provencher une réalisation importante au sein du réseau associatif de la francophonie ténoise en améliorant les processus d’information et de consensus. « Cette structure de coordination et d’orientation, qui à mon sens, a amélioré la démocratie de notre gouvernance. Trois fois par année, le CTPP met les principaux leaders de notre communauté à contribution pour discuter de grands dossiers qui concernent l’ensemble de la communauté. » Il note également la révision de statuts et règlements en 2006 qui a représenté une importante étape de réflexion pour le réseau et qui a abouti à une meilleure définition des balises de gouvernance de la FFT.
Plus récemment, trois étapes ont marqué l’évolution de la FFT : la mise sur pied du Collège des TNO comme premier centre de formation postsecondaire francophone aux TNO; la participation à trois forums communautaires pour donner un plan de développement global à l’ensemble des organismes franco-ténois; le projet de recherche sur les minorités linguistiques qui marque une action majeure afin de s’outiller pour revitaliser la communauté francophone du Nord après avoir constaté en 2005, un taux d’assimilation des francophones s’élevant à 63 % aux territoires.
Coups durs
Durant son mandat, Léo-Paul Provencher a accusé selon lui, deux échecs qui pèsent encore lourd dans son cœur. « Quand je suis arrivé, mon premier regard sur les espaces communautaires a été très sévère, je me suis dit que ce n’était pas possible qu’année après année, ils mènent étude après étude pour trouver des espaces communautaires et qu’ils n’aient encore pas réglé ça. J’arrivais d’une province où je travaillais au sein de la majorité, et dans cette majorité, c’est drôle comme on a l’impression qu’on accomplit des choses et qu’on aboutit avec nos dossiers. On bouge plus facilement, je crois. »
L’ancien DG raconte les efforts et la pertinence du dossier avancé en 2004 et 2005 pour l’établissement d’un centre scolaire et communautaire. Un projet, selon lui, coulé par le gouvernement en 2007 et qui représente son premier coup dur « Les besoins d’espaces sont très bien documentés et sont très bien connus de tous. Alors, la nécessité de justifier que l’on a besoin d’espace constitue pour moi, une farce lamentable. »
Un second revers s’est matérialisé en 2009, alors que l’acquisition du bâtiment en plein centre-ville, accueillant le bureau de poste, a filé entre les doigts de la FFT qui avait avancé la meilleure offre d’achat.
« C’est un dossier admet-il, qui laisse du travail à mes successeurs », conclut-il un peu amer.
Le futur
Même si Léo-Paul Provencher a quitté les TNO le jeudi 4 mars, il restera actif pour la communauté ténoise. Ce dernier en effet est le secrétaire exécutif confirmé du comité de consultation ou de collaboration chargé d’élaborer le plan de mise en œuvre de la prestation des services en français aux TNO. Sa compétence dans ce dossier et son expérience semble être un atout au rôle qu’aura la FFT dans sa coopération avec le gouvernement territorial.
Sur tous les dossiers énumérés lors de son bilan, Léo-Paul Provencher n’affirme pas être le seul porteur de ces accomplissements. « Ces résultats sont le fruit de longues démarches où les administrateurs, les employés et les membres de la communauté ont aussi participé à un travail d’équipe intense. » Pour résumer son travail et son implication, Léo-Paul n’a que deux mots pour les décrire : cœur et détermination. « Si tu n’as pas ça, tu n’aboutis pas, dit-il. Il faut avoir l’énergie du cœur et le courage de ses convictions pour tirer longtemps, car il faut tirer longtemps. Nous sommes dans un monde à bâtir, ici, comme bien des places ailleurs, mais il y en a qui sont rendu un peu plus loin. »
Le sondage interne 2009 de L’Aquilon est positif.
Le récent sondage d’opinion effectué auprès des lecteurs de L’Aquilon démontre la satisfaction des lecteurs envers leur hebdomadaire franco-ténois. 99 % des répondants estiment que le journal est bien présenté alors que 95 % trouvent que le journal est facile à lire. Les lecteurs interrogés ont toutefois tranché négativement sur la présentation des illustrations et des photos alors que le questionnaire leur demandait si le journal comprenait trop ou pas assez de photos. 79 % des répondants ont affirmé que L’Aquilon ne contenait pas assez de photo. Comme point saillant de ce sondage, il faut souligner que tous les répondants sans exception ont jugé que le souffle francophone des TNO joue un rôle important pour la communauté francophone.
Au sujet du contenu du journal, les lecteurs semblent prioritairement intéressés par les activités culturelles et sociales des Franco-Ténois. 91 % des répondants lisent toujours ou souvent les nouvelles sur ces activités. Viennent ensuite les nouvelles sur la francophonie des TNO (89 %), suivi par les nouvelles municipales ou régionales (85 %). Les portraits des francophones attirent à 80 %, toujours ou souvent, l’intérêt des lecteurs alors que l’éditorial se classe au 5e rang des articles lus toujours ou souvent avec 78 %.
Lors du sondage, les répondants ont affirmé vouloir légèrement plus d’information territoriale même si 43 % sont satisfaits de la couverture actuelle. Ils souhaitent aussi recevoir légèrement plus d’information communautaire franco-ténoise, municipale et plus de portraits de francophones.
88 % des répondants sont satisfaits de la quantité d’information diffusée par les chroniques spécialisées alors que 74 % des répondants sont satisfaits de la quantité d’information au sujet des commentaires et analyses.
Le traitement des sujets effectué par le journal semble satisfaire presque tous les répondants avec 99 % d’entre eux qui estiment que les sujets sont traités de façon suffisante. Trois quarts des lecteurs sont satisfaits du niveau de français utilisé dans les pages de L’Aquilon, car 74 % des répondants jugent le niveau de français facile ou très facile à comprendre. La qualité de l’orthographe est jugée satisfaisante à 47 %, très bonne à 19 % et à améliorer pour 12 % des répondants.
Le sondage a mis en valeur le fait que seulement 25 % des répondants ont déjà visité le site Internet de L’Aquilon. Une tendance qui peut possiblement s’expliquer par le fait que seulement la moitié des répondants utilisent le réseau Internet pour se tenir au courant de l’actualité. Pour ceux qui ont visité le site Internet de L’Aquilon, 78 % estime que la nouvelle présentation visuelle du site est très bien ou bien. Le regroupement de l’information suivant différents thèmes, les options de recherche d’archives, la médiathèque et la facilité de la navigation sur le site ont conquis l’unanimité des utilisateurs interrogés.
Sensible à un rapprochement avec la radio communautaire de Yellowknife, L’Aquilon a également demandé à ses lecteurs leur habitude radiophonique. 85 % d’entre eux écoutent quotidiennement ou quelques fois par semaine la radio en général. Les résultats du sondage soulignent que 51 % des répondants de Yellowknife écoutent Radio Taïga quelques fois par semaine tandis que 22 % la syntonisent chaque jour, mais que 27 % ne l’écoutent jamais. CIVR 103,5 FM est tout de même la station de radio la plus écoutée à Yellowknife par les lecteurs de L’Aquilon (73 % Radio Taïga, 58 % CBC North, 28 % CJCD).
Alain Bessette, directeur et rédacteur en chef du journal, estime que ce sondage demeure un outil efficace pour sonder la satisfaction et les attentes des lecteurs. « Pour moi, lorsque vient le temps de prendre une décision sur la pertinence d’une nouvelle face au contenu du journal, je peux me fier sur ces tendances pour rediriger un article la semaine suivante par exemple. »
Dans son rapport qu’il présentera au membre de son conseil d’administration, M. Bessette commente ces résultats avec un sondage similaire effectué en 2001. « Tant en 2001 qu’en 2009, l’opinion des répondants est très positive sur la présentation générale du journal. Il n’y a pas beaucoup de différence entre 2001 et 2009 sur les préférences de lectures des répondants au sondage. En 2001, 56 % des répondants désiraient plus de chroniques spécialisées et L’Aquilon en présente dorénavant plusieurs de façon régulière. En 2009, 62 % sont satisfaits du nombre de chroniques et seulement 8 % en voudrait plus », est-il écrit.
Il y a dix ans, lorsque je suis arrivé à Yellowknife, la dernière chose que je voulais c’était de m’embarquer dans la roue sans fin du monde communautaire. Je voulais avoir la paix. J’étais parti du Québec parce que j’étais tanné de la politicaillerie et des chicanes de clocher. J’ai vite réalisé que c’était pire de rester assis sur le divan à ne rien faire en attendant que la politicaillerie passe.
Au Québec, toutes les excuses étaient bonnes pour ne pas m’impliquer ; pas assez éduqué, pas assez connu, pas assez informé… À Yellowknife, où il est possible d’aller prendre un café avec le premier ministre, ma perception du monde a changé. Tout à coup, je n’étais plus un simple numéro d’assurance sociale parmi tant d’autres. Les « dirigeants », ces personnes aussi humaines que vous et moi, étaient accessibles.
Il me semble que Yellowknife, comme probablement plusieurs autres petites villes, a une dynamique plus « humaine » que les grandes villes canadiennes dans lesquelles j’ai vécu.
Pour la plupart des êtres humains modernes, prendre la parole est probablement un besoin de base. Prendre la parole, mais surtout être entendu. Par exemple, si j’avais à prendre la chance d’être entendu par Stephen Harper derrière son bouclier de gardes du corps et de bureaucrates ou par Floyd Roland, j’irais vers le second. Certains diront qu’il n’a pas autant de « pouvoir » que le premier ministre du Canada. Peut-être, mais pourquoi avons-nous tendance à penser que les décisions les plus importantes sont celles qui doivent être prises tout au haut de l’échelle ? On dit souvent que les décisions les plus importantes se prennent autour d’une table de cuisine. Le haut de l’échelle est bien pratique pour aller cueillir les pommes les plus hautes, mais si l’échelle n’est pas solidement supportée par une bonne fondation, on se casse la gueule.
Le but de la chronique de cette semaine est de vous encourager à sortir de votre salon et d’aller vous impliquer communautairement. Aller rencontrer d’autres gens, aller échanger des idées, apporter de nouvelles idées. Impliquez-vous dans une cause qui vous tient à cœur. Que ce soit le ballon-balais ou l’association francophone importe peu. Impliquez-vous pour le fun, mais aussi pour comprendre la dynamique de prise de décision d’organisation plus large que votre famille.
Faire partie d’une communauté veut dire plus que de simplement payer ses taxes à temps. Le « poids » de la communauté doit être réparti sur l’ensemble des individus. C’est un peu comme quand vient le temps de déménager un piano ; cinq paires de bras valent mieux que deux. Les trois paires de bras manquantes auront beau offrir tout l’argent du monde, tant qu’ils ne mettront pas l’épaule à la roue, le piano ne bougera pas.
La suggestion de lecture de la semaine:
How to Save the World in Your Spare Time de Elizabeth May
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Les élèves de l’école Allain St-Cyr discourent en public.
Un premier concours d’art oratoire s’est déroulé ce mardi 2 mars dans la rotonde de l’École Allain St-Cyr. Tour à tour, plusieurs élèves de l’école francophone de Yellowknife ont présenté leurs recherches, leurs opinions, leurs intérêts devant un public composé de parents, de professeurs, d’invités et d’un jury de trois pédagogues. Raymonde Laberge, Nicole Loubert et Brigitte Rivet ont entendu les prestations d’une quinzaine d’élèves de la 4e à la 11e année.
Si les élèves des classes de 2e et 3e année ont produit des discours collectifs présentés en après-midi devant le reste de l’école, ce sont deux élèves par classe, préalablement sélectionnés pour leurs habilités oratoires, qui ont participé au concours durant la soirée. Sur des thèmes variés qui leur tenaient à cœur, ces jeunes ont livré des discours dynamiques, instructifs et pour la plupart fluides, où la qualité du français, l’intonation et le vocabulaire étaient à l’honneur.
Lors du concours, les juges n’ont pu départager les six représentants du primaire. Ils ont tous été félicités pour leur travail, leur préparation et leur prestation. « Vous êtes tous des vainqueurs, d’expliquer Raymonde Laberge lors des résultats. Vous aviez tous de bons sujets et votre cheminement à chacun était celui d’un gagnant. Vous êtes tous venus nous chercher quelque part lors de votre allocution. »
Pour les classes plus élevées, les gagnants du concours Allain St-Cyr participeront à un concours oratoire territorial, porte d’entrée à un concours national. Il fallait donc que les juges tranchent en faveur d’un élève par niveaux. Pour les 7e et 8e années, c’est Bryan Tuyishime qui s’est démarqué. Ce dernier a conduit un exposé dénonçant une activité qu’il juge inadmissible : la déforestation de la forêt tropicale. « Chaque cinq secondes, c’est l’équivalent d’un terrain de soccer de forêt qui est transformé en terres d’élevage ou d’agriculture », affirme-t-il. Selon ces recherches, cette coupe profite aux industries de la confection de meuble, du papier ou du bois de chauffage et fait place à l’élevage du bétail ou la culture céréalière approvisionnant des compagnies nord-américaines. Pour freiner la disparition de l’habitat de la faune et population autochtone, Bryan Tuyishime propose de boycotter certaines compagnies, d’acheter des produits issus du marché équitable et de recycler davantage. Plus tard, cet élève de huitième a livré son truc contre le trac : « Je me dis que le public devant moi ne vas pas me tuer, et que je ne risque rien à dire ce que je veux ».
C’est Cliff Tuyishime qui a été sélectionné pour les classes de 9e et 10e année. À travers le récit d’une situation dont il a été témoin lorsqu’il avait dix ans, Cliff Tuyishime a développé son opinion sur la situation de l’immigration au sein des pays occidentaux et le retour des sans-papiers dans leur pays d’origine. « Renvoyer des gens chez eux de force et leur refuser le droit d’entrer et d’accéder à une vie meilleure est inacceptable. D’autant plus que l’on ne s’interroge même pas du pourquoi ces gens quittent leur pays », s’alarme-t-il. Pour lui, c’est la fluidité qui est importante lors d’un exposé oral. « Lorsque les mots coulent bien, le message, peu importe ce qu’il est, va bien passer également. Je me prépare en rédigeant mon texte. C’est une étape très importante pour m’approprier ces mots que je vais redire. Il est vrai que c’était un peu plus facile cette fois, vu que je racontais un souvenir, alors si je ne me rappelais pas exactement de tout, j’avais une bonne idée de ce que je devais dire. »
En 11e année, c’est la véritable performance oratoire d’Amber O’Reilly, qui a séduit le jury. Libérée de toute appréhension, Amber O’Reilly a livré sans une hésitation, un discours sur l’impact des médias sur les jeunes de son âge. Elle s’est insurgée contre l’emprise négative des médias sur les personnalités influençables des adolescents. « Ils nous forcent à porter plus attention à notre apparence extérieure qu’à nos qualités intérieures. […] Nous devrions obtenir une législation plus sévère pour nous dissocier de ces règles que les médias cherchent à nous imposer et pour mieux cibler nos intérêts sur une société plus tolérante, plus saine et plus en santé. »
À la clé de ce concours oratoire mis sur pied par l’association Canadian Parents for French, est une bourse de 20 000 dollars pour l’élève de 11e ou 12e année qui gagnera le concours national organisé à Ottawa avant la fin de l’année scolaire. Les élèves de l’école Allain St-Cyr ont avoué que ce prix était un incitatif qui les intéressait. Pourtant, plusieurs ont avoué n’être pas certains de vouloir en profiter à l’université d’Ottawa comme il est prescrit.