Budget : espoirs et scepticisme en chambre

La dernière année aura été dure sur le portefeuille et la santé mentale de bien des Ténois. Règle générale, en regard du budget 2021-2022 déposé le 4 février, les députés semblent se réjouir d’un certain répit accordé aux contribuables comme aux bénéficiaires de services du territoire.


En revanche, sur le plan financier, certains ne mâchent pas leurs mots pour qualifier la vision à long terme de la ministre des Finances qui, selon eux, ferait vivre le territoire au-dessus de ses moyens. Médias ténois s’est rendu dans le hall de l’Assemblée législative, pour recueillir les commentaires des députés.


Thomas Ethier – IJL – Territoires

Caroline Wawzonek lors du discours sur le budget 2021-2022. (Capture d'écran: ntassembly.ca)


« Je suis heureux qu’il n’y ait pas de coupes budgétaires majeures dans les programmes et services, souligne d’entrée de jeu le député de Frame Lake, Kevin O’Reilly. Je crois qu’il y a quatre ans, avec le précédent conseil des ministres, ça aurait été le cas. »

Le ton change quand vient le temps de parler des finances du territoire et de la relance économique. « Un enjeu est passé sous silence : la décroissance des revenus autonomes, souligne-t-il en pointant les faibles revenus du territoire et sa dépendance croissante des transferts fédéraux. Les revenus prévus des secteurs minier et gazier cette année sont de zéro dollar, et, pour l’année suivante, seulement 1,5 million $.»



Inquiets pour l’avenir


« Nous sommes en très, très grande difficulté », poursuit M. O’Reilly pour décrire la situation financière déjà précaire du territoire avant la pandémie. « Je ne perçois aucune solution de la part de la ministre, autre que d’indiquer que chaque ministère sera évalué pour voir à les rendre plus efficaces. Ça ne va pas régler le problème. Des décisions difficiles devront être prises en matière de dépenses. Selon moi, les gens prévalent sur les grandes infrastructures. »


Dans le cadre d’une rencontre virtuelle avec ses électeurs, quelques jours plus tôt, M. O’Reilly déplorait l’adoption, à l’automne 2020, d’un budget de 44 millions $ pour les grands projets d’infrastructure, soit des projets routiers et l’agrandissement du barrage hydroélectrique Talston. Une orientation qui, à ses yeux, profitera davantage à des entreprises externes qu’aux résidents, tout en augmentant la dette du territoire.


Le député de Yellowknife Nord, Rylund Johnson, abonde dans le même sens. « Nous prévoyons atteindre notre plafond d’emprunt, mais ajoutons tout de même 350 postes au gouvernement territorial, déplore-t-il. Il y a une sorte de rupture avec la réalité. Et il semble que la ministre des Finances ne le reconnait même pas. »


« On nous a présenté un budget qui ne nous indique pas comment nous allons gérer nos dépenses, ou comment nous allons nous remettre de la COVID-19. », ajoute-t-il. M. Johnson presse aussi le GTNO de déposer son plan de relance économique «Une reprise avisée », soulignant l’impatience grandissante de la communauté d’affaires du territoire.



Plaidoyers pour la santé mentale


D’autres députés ont dirigé leur attention vers les solutions à plus court terme aux enjeux de santé et de services sociaux alimentés par la situation des derniers mois. « Je suis heureuse des allocations en santé, indique la députée d’Inuvik Twin Lake, Lesa Semmler, sachant que ce secteur porte plusieurs enjeux et qu’on y déplore des manques importants chaque année. Espérons que le territoire pourra combler ces manques cette année. » Elle se réjouit également de la création de nouveaux postes dans le système de santé.


Aux yeux de la députée de Great Slave, Katrina Nokleby, les prochains mois s’annoncent toutefois difficiles pour le bienêtre des résidents. Elle souhaite voir plus d’argent alloué aux organismes non gouvernementaux, et plus de ressources externes en santé mentale pour les petites collectivités. « Je suis particulièrement préoccupée par les six prochains mois » précise Mme Nokleby. Sans promesse d’un retour à la normale après la campagne de vaccination, la députée de Great Slave doit croire que le territoire doit se préparer à un accroissement des besoins en matière de services de santé mentale.


En période de questions en chambre, le 5 février, la députée a interpellé la ministre de la Santé et des Service sociaux, Julie Green, en déplorant ce qu’elle juge comme un manque criant de ressources en Santé mentale dans les petites collectivités des TNO.


Petites collectivités


Pour sa part, le député de Tu Nedhé-Wiilideh, Steve Norn, compte tirer profit des prochaines périodes de débat en chambre pour représenter les petites collectivités. Déplorant une surreprésentation des grands centres comme Yellowknife dans les budgets des précédents gouvernements, il note une certaine amélioration sous l’administration Cochrane.


« C’est mon [deuxième] budget, souligne-t-il. Le [précédent] était très décevant à mes yeux. Cette fois, ce budget semble mieux répondre aux besoins des petites collectivités ».


«Il y a encore beaucoup de travail à faire, mais on sent une certaine tendance en faveur des petites collectivités, ce qui est encourageant », ajoute-t-il.

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