• Thomas Ethier

Centre de jour: face à l’opposition, Yellowknife envisage la construction d’une structure neuve

L’option d’installer un centre de jour temporaire à Yellowknife dans un immeuble de la 44e rue, en face de l’école Saint-Patrick, risque d’être mise de côté par la municipalité.


Thomas Ethier - IJL - Territoires

En regard aux nombreuses voix s’opposant à un tel covoisinage avec les élèves de l’école secondaire, l’administration municipale s’attend à ce qu’une telle proposition, si elle était retenue par le conseil, soit portée devant le Comité d’appel en matière de logement des TNO.


Le projet serait alors en suspens pour la durée du processus, qui pourrait vraisemblablement s’étendre sur trois mois, selon l’administratrice municipale, Sheila Bassi-Kellett.


Besoin d’une solution rapide

Novembre est à nos portes, le froid s’intensifie rapidement, et le temps presse pour trouver une solution qui permettra d’accueillir les personnes sans-abris de la capitale. « Un processus d’appel va ralentir l’ensemble du projet, a résumé la mairesse Rebecca Alty. Même si le conseil approuve l’utilisation de l’édifice de la 44e rue, ça ne prend qu’un seul résident pour porter cette décision en appel et ralentir le processus de trois mois. À ce stade-ci, tous délais seraient inacceptables. Il faudrait être naïf pour croire que personne ne va porter cette décision en appel. »


Une option présentée en aout par le gouvernement des TNO, soit d’installer ce centre temporaire dans l’édifice qui accueillait jusqu’à récemment le centre jeunesse Side Door, a été rejeté en aout par le conseil municipal, face à une forte opposition de résidents et de commerçants du secteur. Le GTNO a depuis présenté d’autres options, mais aucune n’a pu être retenue.


Un nouveau financement

Depuis cette semaine, une solution, jusqu’alors mise en suspens dans la liste des options potentielles, semble prendre le dessus : la construction d’une structure temporaire, qui serait érigée dans un terrain vague de la ville. L'emplacement reste toujours à déterminer.


C’est que la municipalité, qui jusqu’à maintenant se fiait au financement du GTNO pour la mise sur pied de ce centre de jour temporaire, s’est vu allouer, le 23 octobre, un montant additionnel de 1,47 millions $ du Gouvernement fédéral, dédié à appuyer la population itinérante face à la COVID-19.


Le Conseil consultatif communautaire sur l’itinérance de Yellowknife a donc proposé cette semaine de puiser dans ces fonds pour faire construire cette structure temporaire et accueillir le plus rapidement possible les personnes itinérantes de la capitale. Ce centre temporaire serait ouvert jusqu’au 31 mars 2021. Plusieurs parties prenantes, incluant des conseillers municipaux, tiennent à ce que cet abri soit érigé au centre-ville, pour que les bénéficiaires y aient facilement accès.


Les membres du conseil ont approuvé la recommandation, le jeudi 29 octobre, au terme d’une rencontre extraordinaire étendue sur près de trois heures. Le conseiller Julian Morse, qui favorise l’utilisation d’un immeuble plutôt que la construction d’une structure, a indiqué « être dans l’obligation de voter, à contrecœur, pour cette proposition », puisqu’elle serait vraisemblablement la plus rapide à mettre en oeuvre.


Une discussion aura lieu ce lundi 2 novembre en séance du conseil municipal avec des représentants du gouvernement des TNO pour étudier cette option. C’est le 9 novembre que le conseil passera au vote, pour prendre une décision définitive et aller de l’avant pour la mise sur pied d’un centre de jour temporaire.


Des élèves potentiellement à risque

L’immeuble récemment proposé pour accueillir les sans-abris, situé à l’angle de la 44e rue et de l’avenue Franklin, est adjacent à l’école Saint-Patrick. On craint que des résidents s’opposent à une telle proximité entre une proportion d’usager potentiellement en état d’ébriété ou intoxiquées, et les élèves de l’école.


Denise McKee, directrice générale du Conseil des personnes handicapées des TNO, l’organisme responsable du Centre de jour de Yellowknife, a elle-même exprimé ses réserves quant à l’utilisation de l’édifice. « Nous accueillons plusieurs personnes autochtones en prise avec des problèmes de consommation, a-t-elle rappelé avant souligner un enjeu particulier : « dans certains cas, les enfants ont dû être séparés de membres de leur famille. »


« La proximité du lieu proposé pour le centre de jour provoquerait un risque de contacts entre certains usagers, et des enfants qu’ils n’ont plus l’habileté ou la permission de voir, a-t-elle expliqué. Certains élèves pourraient alors être exposés à des situations susceptibles de générer une détresse psychologique. »

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