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De l’aide pour les entrepreneurs autochtones du Nord canadien

Réunissant dix créateurs en provenance des trois territoires, la cohorte 2022-2023 du Programme de croissance des entrepreneurs d’EntrepreNorth a débuté en septembre dernier sous le thème « L’ère du digital ». Cinéastes, graphistes, musiciens, artistes visuels, vidéastes et ingénieurs du son se côtoieront durant neuf mois dans ce parcours de croissance personnelle et professionnelle.


Karine Lavoie – Le Nunavoix


Le projet EntrepreNorth permet aux entrepreneurs autochtones de bâtir des entreprises et des moyens de subsistance durables dans le nord du Canada. Il offre des programmes d’affaires aux entrepreneurs en démarrage des trois territoires canadiens qui sont prêts à accroitre leur impact commercial et communautaire.


Cette initiative se démarque des autres programmes d’entrepreneurs du Sud par une approche axée sur les perspectives autochtones.


Alliant des ateliers virtuels et d’autres sur place, le Programme de croissance des entrepreneurs représente le programme phare d’EntrepreNorth.

Un travail individuel et en groupe

Tout comme les années précédentes, trois rencontres de groupe sont prévues au cours du programme. Alors que les participants se sont réunis à Yellowknife au début du mois d’octobre, ils répèteront l’expérience au cours des prochains mois, à Whitehorse puis à Iqaluit.


« On voit que c’est très important de se rencontrer en personne, pas juste pour apprendre, mais aussi pour développer les relations et pour avoir l’expérience avec la culture locale. Pour nous, c’est très important de reconnaitre qu’il y a beaucoup de cultures autochtones différentes dans le Nord », explique Xina Cowan, codirectrice d’EntrepreNorth.


Possédant des expertises variées telles qu’en marketing et en finances, des facilitateurs et des éducateurs rencontrent le groupe de participants en ligne de façon hebdomadaire.


« Également, les entrepreneurs travaillent individuellement avec leur mentor, leur coach et chaque entrepreneur a un plan de bienêtre individuel durant les neuf mois », ajoute Xina Cowan.


Au fil des années, elle souligne avoir constaté le cheminement de participants qui ont lancé ou développé leur entreprise à la suite du programme. « Il y a de plus en plus de personnes qui viennent de notre programme qui le font à temps plein et qui, aussi, adoptent une position de leadeurship comme entrepreneur autochtone du Nord », affirme Xina Cowan.

Faire de sa passion son gagne-pain

Vivant à Whitehorse, Nick Johnson est un artiste hip-hop et membre de la Première Nation Kluane. Avec Yudii Mercredi, il a formé Vision Quest, un duo hip-hop qui présente une musique reflétant leurs expériences en tant que jeunes Autochtones vivant dans le Nord canadien.

Le participant du Yukon souhaite sortir un album et partir en tournée. Il croit d’ailleurs que son groupe est sur le point d’être connu du public et de franchir une étape importante vers ce qu’il aspire. « Si je pouvais faire de la musique à plein temps et ne pas avoir à me soucier de l’argent, ce serait génial », déclare Nick Johnson.


Il raconte qu’il connaissait peu de choses au sujet du Programme de croissance des entrepreneurs jusqu’à ce que sa cousine lui en parle alors qu’il ne restait plus qu’environ deux heures avant la date limite d’inscription.



Nick Johnson, artiste hip-hop et membre de la Première Nation Kluane habitant à Whitehorse, au Yukon. (Crédit photo : Candace Gribman)


L’artiste a décidé de tenter sa chance, se disant qu’il n’avait rien à perdre. « J’ai fini par être accepté et, jusqu’à présent, le programme est incroyable ! C’est vraiment génial de rencontrer différentes personnes dans des espaces créatifs et de se connecter à travers le Nord », s’enthousiasme-t-il.


Alors qu’il n’avait aucune attente au début du programme, Nick Johnson affirme maintenant savoir que sa participation lui permettra d’apprendre et de réaliser plusieurs choses.


« Le grand projet est d’organiser un atelier de hip-hop itinérant pour les jeunes afin de les présenter aux communautés autochtones du Canada. J’aimerais également développer un site Web et des produits dérivés. Je crois qu’EntrepreNorth change la donne et j’ai hâte de voir où cela me mènera ensuite », soulève-t-il.

Approfondir ses connaissances entrepreneuriales

Jamie Wetrade-Stevenson est une photographe de charme tłı̨ chǫ de Behchokǫ̀, aux Territoires du Nord-Ouest. D’abord initiée à la photographie à l’âge de 14 ans, la femme en a fait sa carrière à 18 ans. En plus de travailler en étroite collaboration avec la maquilleuse dénée Karen Murray sur des séances artistiques, elle est régulièrement engagée pour photographier des évènements à travers le territoire. Tout récemment, elle a gagné le prix de l’entrepreneuriat autochtone lors d’un gala organisé par la Chambre de commerce de Yellowknife.


La participante qui opère sous le nom Jamie Stevenson Photography souhaite, elle aussi, faire davantage ce qu’elle aime, ce qui inclut travailler encore plus au niveau de la création.


Jamie Wetrade-Stevenson, photographe tłı̨ chǫ de Behchokǫ̀, aux Territoires du Nord-Ouest. (Crédit photo : Jamie Stevenson Photography)


« J’ai découvert l’opportunité du programme de cohorte numérique d’EntrepreNorth par le biais des médias sociaux. Ce qui m’a poussé à postuler, c’est que [le programme] est axé sur l’expansion et l’exploration des compétences numériques, mais aussi qu’il est offert en ligne et, en tant qu’entrepreneure, j’apprécie cette flexibilité », explique-t-elle.


À priori, la photographe n’avait aucune attente envers ce programme. « J’ai été surprise par le nombre de créateurs incroyablement talentueux que nous avons et je suis tellement ravie de faire partie d’un groupe de personnes aussi géniales ! J’espère retirer du programme une nouvelle perspective sur l’entrepreneuriat », déclare la photographe.


Un programme pour les autochtones

Résident de Cambridge Bay, au Nunavut, Ipeelie Ootoova est un acteur, scénariste et réalisateur. En 2010, il est apparu pour la première fois à l’écran dans The White Archer de John Houston.

Sélectionné en 2013 pour le prix du meilleur acteur à l’American Indian Film Festival pour son interprétation dans le film Maïna, Ipeelie Ootoova s’efforce de créer des possibilités dans l’industrie cinématographique nordique pour les Inuits vivant à l’extérieur d’Iqaluit.


« J’espère pour l’avenir que je possèderai et exploiterai une société de production où je produirai des films et des émissions de télévision », déclare-t-il.


Ayant entendu beaucoup de commentaires positifs du programme EntrepreNorth, il espérait que sa candidature serait retenue, d’autant plus qu’il a l’impression d’avoir encore beaucoup à apprendre sur la gestion d’une entreprise.


Ipeelie Ootoova, acteur, scénariste et réalisateur inuit de Cambridge Bay, au Nunavut. (Crédit photo : Charles Zuckermann de Zuckermann & Wong Photography)


« Ce qui m’intéresse, c’est que le programme est géré pour les Autochtones par des Autochtones et de voir les accomplissements des gens qui ont suivi ce programme », soulève-t-il.


Étant nouveau dans le domaine de l’entrepreneuriat, il exprime que ses attentes sont élevées concernant les apprentissages à réaliser sur la façon de gérer une entreprise. « Je sais que j’apprendrai à être le meilleur homme d’affaires possible et j’espère développer des relations pour collaborer à l’avenir », conclut-il.

Articles de l'Arctique est une collaboration des cinq médias francophones des trois territoires canadiens : les journaux L'Aquilon, l'Aurore boréale et Le Nunavoix, ainsi que les radios CFRT et Radio Taïga.

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