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Faire vibrer par le souffle

Harmoniciste, joueur de musique à bouche ou de la ruine-babine*, à longueur de temps, Pascal Per Veillette mange de l’harmonica. Il ne peut pas s’en passer. En tournée aux Territoires du Nord-Ouest avec les Tireux d’Roches, il raconte son histoire avec cet instrument.


Pascal Veillette, qui aime qu’on l’appelle Per, un surnom qui remonte du temps de l’école secondaire, grandit à Saint-Élie-de-Caxton, un village entre Montréal et Québec.

« J’ai grandi là et je pense que c’est à peu près à l’âge de 15 ans, y’avait Les Colocs à l’époque qui étaient vraiment connus au Québec et qu’il y avait beaucoup d’harmonicas… j’ai été charmé. » Il demande à sa mère de lui acheter un harmonica, mais « ce n’était pas l’harmonica que ça me prenait, donc j’ai commencé à parler de ça à l’école ». Sa professeure d’enseignement moral lui présente un joueur de musique à bouche, avec qui il prend quelques leçons.

Vendu, Per poursuit ses études en musique au Cégep de Drummondville, en guitare. « Le programme d’harmonica n’existait pas. L’année d’après, j’ai fait la demande au cégep pour un programme d’harmonica. » Ce que le cégep prend au sérieux : l’établissement embauche un professeur et lance le programme.


« Tout de suite après mon cégep, je suis allé à l’Université de Montréal pour faire un bac en musique jazz et là, il n’y avait pas de professeur d’harmonica. » Un professeur de piano lui enseigne le langage jazz, que Per adapte sur son harmonica.

Une carrière en musique


Pascal Per Veillette joue avec les Tireux d’Roches et avec le groupe d’Harmo, un quatuor d’harmonica, avec lequel il joue la basse d’harmonica. « C’est le même registre qu’une contrebasse, donc c’est puissant, c’est très très grave. »


Il partage aussi ses savoirs de cet instrument qui inspire et qui respire. L’idée de développer des méthodes d’apprentissage spécifiquement pour l’harmonica le passionne. « Mon enseignement, je l’ouvre, je donne toutes les clés possibles. J’aimerais que les étudiants à qui j’enseigne deviennent meilleurs que moi. »


Cette année, il a enseigné à une école primaire entière. Alors qu’il était en tournée aux Territoires du Nord-Ouest avec les Tireux d’Roches, ses élèves ont présenté leur spectacle de fin d’année.

« Ils m’ont envoyé la vidéo et tu as les 120 petits enfants qui font toute la pièce, c’est super beau tout ça », relate l’harmoniciste.

Son prochain défi : devenir professeur au Cégep de Drummondville, pour succéder à son mentor.


Un harmoniciste, c’est…


« Je pense qu’il faut être un peu fou, dit-il, en ajoutant qu’il en connait aussi des cartésiens. Peut-être que je me fie aussi à un harmoniciste, mort, l’année passée je crois, qui s’appelle Jean-Baptiste Toots Thielemans, un Belge. Lui, il a joué beaucoup de jazz partout dans le monde, jusqu’à 94 ans. Et il disait : pour être harmoniciste, il faut être fou. Il paraitrait qu’il était fou, un peu fou... dans quel sens, j’imagine que c’est de la folie positive. »


Per explique que l’harmoniciste est un grand communicateur : « c’est un instrument qui communique beaucoup qui est vraiment proche de la voix, je trouve... tu utilises beaucoup les lèvres, la langue, des fois qui va se coller sur l’instrument. [L’harmoniciste], c’est un communicateur et l’harmonica, j’en ai toujours un sur moi. »


Il possède par ailleurs une panoplie d’harmonicas. « En tournée, j’ai ma petite pochette, il doit y en avoir une douzaine dans ça et avec ça je me débrouille. » Chacun de ces harmonicas a des tonalités différentes, en sol, en do, en ré…


Et on est loin de la ruine-babine avec celles-là.

* « À l’époque, l’intérieur de l’harmonica était en bois de mauvaise qualité. Il y a un peu d’humidité qui sort de l’harmonica, le bois gonfle… et tu te râpes les lèvres, c’est vraiment horrible. Donc de là j’imagine la ruine-babine », détaille Per.



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