• Thomas Ethier

Incendies de forêt : le défi pandémique

Mis à jour : mai 6

Avec les risques supplémentaires liés à COVID-19, le ministère n’écarte pas la possibilité d’interdire les feux de camp cette année sur le territoire, ou d’imposer des permis.

Les régions de Hay River, Fort Simpson et Fort Liard peuvent s’attendre, comme pour les années précédentes, à des conditions sèches propices aux incendies de forêt. (Crédit photo : Facebook)


De la formation des pompiers à la gestion des incendies et des évacuations, le ministère de l’Environnement et des ressources naturelles se prépare à une saison des incendies qui s’annonce possiblement plus rigoureuse que la moyenne. Cette année, les préparatifs doivent inclure tous les efforts possibles pour respecter les règles d’éloignement physique.


« Nos modèles indiquent que juin pourrait réellement être au-dessus de la moyenne en ce qui a trait à l’ampleur des incendies potentiels, a indiqué le directeur des opérations d’incendies, Richard Olsen, en conférence de presse le 4 mai. Tous feux déclarés en mai ou en juin, qui n’ont pas été atténués par la pluie ou par le manque de matière combustible sont propices à bruler en juillet en aout. »


On indique que les régions de Hay River, de Fort Simpson et de Fort Liard peuvent, comme les années précédentes, s’attendre à des conditions sèches propices aux feux.


Accent sur la prévention

Règle générale, environ 15 à 20 % des incendies de forêt aux TNO sont provoqués par négligence humaine. Cette année, vu les risques liés à la pandémie, on vise 0 %.


« Nous sommes chanceux par rapport à d’autres provinces et territoires où ce ratio s’élève parfois à 50 %, souligne M. Olsen. Ceci dit, chaque feu provoqué par des individus est un problème, car ces feux sont tous évitables. »


Des activités de sensibilisation seront mises en place, pour amener les résidents à doubler d’efforts pour diminuer les risques au sein de leur propre foyer. Les Territoires n’interdisent pas encore de faire des feux, comme l’ont fait d’autres gouvernements dans le contexte de COVID-19, mais le ministère n’écarte pas cette option.


Un défi logistique

Le déploiement des équipes de pompiers dans les collectivités affectées pose un réel défi cette année, comme l’explique M. Olsen : « Éteindre des feux est une activité très dynamique ; les équipes doivent souvent se déplacer rapidement d’une zone à l’autre, et les pompiers ne pourront pas garder leurs distances entre eux. »


Des équipes de quatre pompiers seront donc formées puis isolées tout au long des opérations. Ces derniers demeureront également sur place plutôt que de retourner chez eux entre deux incendies, comme il est parfois possible de le faire, en temps normal. « Ils logeront [à l’écart des collectivités] et des autres équipes, et leur repas seront servis individuellement », a assuré le directeur des opérations d’incendies.


Des efforts supplémentaires seront également apportés pour éviter la formation d’incendie plus imposant, qui impliquerait d’avoir à déplacer du personnel de gestion supplémentaire ou d’évacuer des collectivités, ce qui augmenterait les risques d’une éventuelle propagation du virus.


« Nous éviterons de prendre certains risques calculés que nous aurions pris par le passé, explique M. Olsen. Certains feux que nous aurions normalement laissé bruler naturellement, sans intervenir, seront éteints lorsqu’il y aura des risques de devoir évacuer ou mobiliser une plus grande équipe. »


Or, le tout doit se faire avec une précaution extrême. En temps normal, on laisse certains incendies prendre de l’ampleur, puisque de petits incendies permettent de bruler du combustible, et d’éviter ainsi la formation de plus gros incendies.


Des contrats ont également été octroyés pour assurer la surveillance aérienne, afin de pallier la diminution des vols touristiques qui permettent souvent, en temps normal, de signaler des feux.

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