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Inflation : quelles prévisions pour le Nord ?

Dernière mise à jour : 2 févr.

Le dernier bulletin du bureau des statistiques des Territoires du Nord-Ouest indique que, d’une année sur l’autre, le cout de l’alimentation, du logement et du transport continue d’augmenter dans les trois territoires. En 2023, le taux d’inflation s’élevait à 3,3 % à Yellowknife alors qu’il était à 4,9 % à Whitehorse et 2,5 % à Iqaluit.


Nelly Guidici – IJL –Réseau.Presse – L’Aquilon – Arctique


Même si le taux mesuré à Yellowknife est moins élevé qu’en 2022 (7 %), il demeure tout de même relativement haut comparé aux 20 dernières années. Entre 2013 et 2017, le taux d’inflation était sous la barre des 2 %. Après une légère hausse en 2018, il était à moins de 2 % en 2019. En 2020, dans le contexte de pandémie, le taux d’inflation s’est écroulé jusqu’à un niveau historique le plus bas enregistré depuis 2004 avec 0,7 %.



INSTAGRAM : Nelly Guidici


Whitehorse détient le record du taux d’inflation le plus élevé au Canada en 2023 suivi du Québec avec 4,5 %.


Une note d’épicerie salée

Ce sont les prix des denrées alimentaires qui ont augmenté le plus cette année avec un taux d’inflation de 10,7 % à Yellowknife. Cette situation reflète l’augmentation du prix des céréales (16,3 %), des œufs et des produits laitiers (15,3 %) ainsi que les fruits et les noix (14,6 %). À Whitehorse, cette augmentation est un peu moins élevée, mais culmine quand même à 7,9 % selon le dernier bulletin du bureau des statistiques du Yukon publié le 16 janvier 2024.


L’organisme Banques Alimentaires Canada tire la sonnette d’alarme. Dans son dernier rapport présentant les chiffres de la pauvreté au Canada en 2023, il est indiqué que « l’insécurité alimentaire est une préoccupation majeure dans le nord du Canada où les taux d’insécurité alimentaire sont bien supérieurs au chiffre national de 18 %. »


Au Yukon le taux d’insécurité alimentaire est de 21 % et est pratiquement similaire à celui des TNO avec 20 %. En revanche, ce taux culmine à 50 % au Nunavut, où l’insécurité alimentaire est malheureusement présente depuis plusieurs décennies.


« Notre enquête 2023 a révélé que 40 % des habitants du Nord ont du mal à se procurer des aliments frais et abordables. Malheureusement, les limites de la collecte de données peuvent signifier que les chiffres réels sont beaucoup plus élevés, » peut-on lire dans le rapport de 154 pages.


D’après cet organisme, le cout de l’alimentation dans les régions nordiques et éloignées du Canada est très différent de celui du reste du pays, où une famille peut dépenser environ 400 à 500 dollars par semaine pour la nourriture.


Quel scénario pour 2024 ?

L’inflation devrait diminuer progressivement en 2024 dans les trois territoires selon Jean-Paul Lam, professeur au département d’économie de l’université de Waterloo en Ontario. Depuis qu’elle a atteint son pic à l’été 2022, l’inflation a considérablement diminué et cette tendance devrait se poursuivre en 2024.



Jean-Paul Lam, professeur au département d’économie de l’université de Waterloo en Ontario, pense que les incertitudes mondiales, telles que les conflits en cours au Moyen-Orient et en Ukraine, pourraient ralentir la réduction prévue des taux d’inflation. (Photo : Emmanuelle Piérard)


« Il y aura une certaine hétérogénéité entre ces trois territoires et leurs capitales, car il y a toujours des facteurs spécifiques à une région ou à une zone qui affectent l’inflation différemment, mais je m’attends à ce que ces différences soient minimes, » indique-t-il.


Le 24 janvier 2024, la Banque du Canada a annoncé le maintien du taux directeur à 5 %. Dans un communiqué de presse, il est indiqué que la banque s’attend à ce que « l’inflation demeure près de 3 % dans la première moitié de 2024, puis à ce qu’elle diminue progressivement pour atteindre la cible de 2 % en 2025. »


Jean-Paul Lam estime, pour sa part, que les incertitudes mondiales, telles que les conflits en cours au Moyen-Orient et en Ukraine, pourraient maintenir une pression à la hausse sur les prix de l’énergie et des denrées alimentaires, ce qui pourrait ralentir la réduction prévue des taux d’inflation.

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