Inondations : possibilité d’être relogé : « Il faut que ce soit équitable »

Des Ténois inondés en mai dernier pourraient devoir être relogés sur un nouveau terrain. Pour l’instant, ils ne connaissent pas encore ce que l’avenir – ou, plutôt, le gouvernement – leur réserve.


À la suite des inondations du printemps dernier aux Territoires du Nord-Ouest, le gouvernement a mentionné qu’il prévoyait remplacer les maisons irréparables par des « maisons de base préusinées » et qu’il pourrait les installer sur un autre terrain. L’idée est de ne pas reconstruire à un endroit qui risque encore d’être inondé et pour lequel le gouvernement n’offrira plus aucune aide.


« Jusqu’à présent, les résidents qui ont été mis au courant de la possibilité d’être relocalisés sur un autre lot n’ont exprimé aucune préoccupation », écrit le conseiller en communications aux Affaires municipales et communautaires du gouvernement, Jay Boast, dans un échange de courriels.


Médias ténois a rencontré des propriétaires de trois résidences qui ne savent pas encore ce qu’il adviendra de leur domicile et s’ils devront apprendre à vivre ailleurs.


L’eau est montée jusqu’à 18 cm (7 pouces) du plafond de la maison de Walter McPherson où la moisissure a eu le temps de s’installer. (Crédit photo : Marie-Soleil Desautels)


Walter McPherson : « Mieux à long terme »

« Ce serait probablement mieux à long terme si j’étais relocalisé », avance le résident Walter McPherson, âgé de 49 ans. Sa maison, située sur les plaines à Fort Simpson, près du site de la visite historique du pape, a été rapidement submergée par la crue printanière du fleuve Mackenzie, début mai. « L’eau s’est arrêtée à 7 pouces [18 cm] du plafond », dit celui dont tous les biens et souvenirs ont été engloutis. Il a dû attendre une dizaine de jours après la baisse du niveau de l’eau pour retourner chez lui et constater les dégâts ; la boue épaisse et gluante l’en empêchait. La moisissure s’est installée. « Les contractants du gouvernement qui ont démoli l’intérieur pour nettoyer m’ont dit qu’il valait mieux reconstruire. Et il faudrait surélever énormément la maison pour éviter d’autres inondations », dit-il. Qu’adviendra-t-il de la demeure où il a vécu toute sa vie ? Il l’ignore encore. Mais il est ouvert à être déplacé dans une maison de base préusinée, tel que le suggère le gouvernement, tant que c’est sur l’ile où se trouvent tous les services : il n’a pas de permis de conduire ni de véhicule et ce serait problématique autrement.



La maison de Bernadette Norwegian et de sa sœur est, aux dernières nouvelles, irréparable. (Crédit photo : Marie-Soleil Desautels)

Bernadette Norwegian : « Il faut que ce soit équitable »

« Le MACA nous a confirmé le 15 juillet que notre maison était irréparable, qu’on n’aurait pas vraiment le choix de partir et même que notre lot pourrait être transformé en terrain de jeux », dit Bernadette Norwegian, 66 ans. Elle partage son toit avec sa sœur jumelle, un lieu qu’elles adorent et où elles vivent depuis une quinzaine d’années. « On ne veut pas partir. Et si on doit le faire, est-ce que nos voisins inondés pourront rester ? Si oui, pourquoi pas nous ? », questionne-t-elle. L’eau a grimpé à 20 cm (8 pouces) du plafond dans leur coquette maison jaune près du fleuve Mackenzie. « C’est une expérience traumatisante de tout perdre ainsi. On a un deuil à faire », poursuit-elle. Si elles n’ont pas le choix de partir, Bernadette dit qu’« il faut que ce soit équitable ». Que le gouvernement rachète leur lot s’ils veulent y construire un terrain de jeux, que leur futur terrain soit aussi grand que le précédent et que le gouvernement respecte d’autres conditions qu’elle et sa sœur préciseront en temps et lieu. Car, pour elles, un fait demeure : ce qui est le plus « équitable », c’est de pouvoir retourner vivre là où leurs cœurs sont. D’ailleurs, ni elle ni sa sœur n’ont de voiture. Elles se voient mal être déplacées hors de l’ile, ce qui augmenterait leur dépendance.

Julia et Derek Erasmus, qui ont deux jeunes enfants, ne veulent plus jamais revivre les conséquences d’une inondation. (Crédit photo : Marie-Soleil Desautels)


Julia et Derek Erasmus : « On ne veut plus jamais vivre ça »

L’eau a inondé le sous-sol et le premier mètre du rez-de-chaussée de la maison de Julia et Derek Erasmus, ruinant tout ce qui s’y trouvait. « On ne veut plus jamais vivre ça », affirment à l’unisson les parents d’un bébé d’un an et demi et d’une fillette de 6 ans, rencontrés sur leur terrain laissé en friche depuis l’inondation et d’où on entend le bourdonnement des ventilateurs qui assèchent la maison aux murs éventrés. « On s’attend à d’autres inondations », soupire Derek. Leur demeure peut être sauvée, selon l’ingénieur en structure qui est passé le 16 juillet. Mais si les couts pour la réparer et l’élever sont plus élevés qu’une maison préusinée, Julia et Derek ont cru comprendre qu’ils pourraient être relogés ; ils sont enclins à partir. « Le gouvernement tente d’aider tout le monde, dit Derek. C’est très généreux, mais le processus est lent. On reste optimiste, mais c’est un peu difficile d’imaginer que notre maison sera réparée ou qu’on aura un nouveau toit avant l’arrivée des premiers flocons de neige. » L’inondation a aussi détruit l’appartement adjacent à la maison et l’atelier de poterie de sa conjointe, qui en faisait une activité économique secondaire, amputant deux sources de revenus à la jeune famille.

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