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L’équipe du Québec remporte le prix de la meilleure sculpture sur neige


Isabelle Gasse, Joelle Gagnon et Eugène Gagnon – les trois artistes – s’enlacent et sautent de joie. (Photo : Cristiano Pereira)


Le Symposium international de sculpture sur neige a réuni six équipes autour du château de neige. Les artistes francophones ont remporté la coupe de la victoire et ont promis de la remplir de bière et de gin pour la partager avec tout le monde.


Ce fut trois jours de travail intense sur les murs du château. Chacune des six équipes a reçu un énorme cube de neige compacte de dix pieds sur dix, et les 18 sculpteurs ont fait de leur mieux pour transformer leur bloc blanc en une œuvre d’art aux contours clairement définis.

Au milieu de l’après-midi du dimanche, le Snowking apparait avec un trophée, une coupe de glace scintillant au soleil, et déclare le vainqueur du Prix des Artistes : l’équipe du Québec, avec la sculpture « Don’t Answer to Hunger ». Le public applaudit. Isabelle Gasse, Joelle Gagnon et Eugène Gagnon – les trois artistes – s’enlacent et sautent de joie. Ils lèvent ensuite leur coupe et annoncent les projets qu’ils forment pour l’objet de victoire : « Remplissons-la de bière et de gin, et partageons-la avec tout le monde. »


Les trois artistes semblent heureux de voir leur travail reconnu, mais affirment que toutes les autres sculptures sont très bonnes. La coupe n’était même pas leur objectif.

« Nous le faisons pour le plaisir de le faire, pour les échanges avec d’autres sculpteurs de partout dans le monde. C’est cela qui est beau », rapporte Joelle Gagnon.

Sa sculpture est une représentation du Wendigo, une créature mythologique des Premières Nations algonquines du Canada. Isabelle Gasse, l’une des créatrices, a près de quinze ans d’expérience dans la sculpture sur neige, mais c’est la première fois qu’elle le fait en dehors du Québec. Elle a passé quelques jours à Yellowknife et a été étonnée par la qualité des flocons qu’elle a rencontrés.

« À Québec on utilise souvent de la neige fabriquée, mais ici c’était de la neige naturelle prise sur le lac et elle était complètement blanche, il n’y avait aucun détritus dedans, elle était super compacte et sèche, elle se sculptait bien et était dense. C’était vraiment de la neige de très bonne qualité ».


Isabelle a l’habitude de sculpter la glace et la neige lors de compétitions. Elle a également de l’expérience en construction d’hôtels de glace au Québec. Ici, c’est un peu différent : le règlement du Symposium international de sculpture sur neige du festival Snowking interdit l’utilisation d’outils électriques. « C’est complètement une autre façon de travailler. Avec une tronçonneuse, nous pouvons couper des blocs de neige très rapidement et ils sont très aiguisés. »

(Photo : Cristiano Pereira)

En utilisant uniquement les mains et des outils manuels, « tout devient vraiment physique et il faut penser différemment à la manière de construire sa sculpture, parce qu’il y a des coupes que l’on ne peut pas faire facilement ». Mais Isabelle ne se plaint pas, au contraire : elle aime ce défi. « Cela fait partie du jeu : être tous ensemble sans outils électriques et chercher des solutions. Et j’ai apporté mes outils à main, des couteaux que j’ai fabriqués moi-même ».


Sculpter de la neige ou de la glace, c’est jouer avec le plaisir de l’éphémère : on s’investit énormément dans une œuvre, mais on sait qu’elle ne durera jamais longtemps. Tôt ou tard, l’œuvre d’art fondra et forcément disparaitra. La sculptrice note que cela fait partie de la magie et que ce caractère éphémère rend l’œuvre d’autant plus spéciale.


(Photo : Cristiano Pereira)


« C’est comme ça. Et ce qui impressionne les gens, c’est de savoir que toutes ces œuvres vont fondre en quelques jours. Quand on fait l’hôtel de glace au Québec avec 42 chambres et 3 bars, c’est énorme et les gens viennent le voir parce que c’est beau, mais parce qu’ils savent que c’est éphémère. Ils n’y vont jamais pouvoir revoir exactement la même chose. »

Elle souligne aussi une autre particularité de cet art : son côté environnemental. « La neige retourne à l’eau, elle ne pollue pas, elle ne prend pas de place et on n’a pas besoin de chercher un endroit pour la ranger. Elle fondra tout simplement et retournera à la nature ».

« Ce qui est merveilleux dans la sculpture sur neige, c’est que l’on peut travailler sur des masses énormes : on peut faire du gigantesque sans beaucoup d’efforts et avec de la matière gratuite, qui vient du ciel », ajoute-t-elle.


Pendant les mois d’été, lorsque le paysage canadien est déshabillé de son blanc, Isabelle se consacre à autre chose : la sculpture sur sable. « Avec le sable, je suis moins créative et moins libre », remarque la sculptrice. Elle poursuit évoquant les différences : « Il y a moins de possibilités avec la sculpture en sable et c’est beaucoup plus fragile. Il faut penser beaucoup plus à l’équilibre, le sable ne colle jamais. Tout doit être plus pyramidal. Avec la neige, on peut faire de grandes structures dans le vide, mais avec le sable, il y a moins de possibilités. »


L’artiste considère que la sculpture sur neige est une excellente activité pour nous réconcilier avec les longs hivers canadiens. « On vit dans un pays nordique, et il y a beaucoup de gens qui n’aiment pas la neige. C’est bien de trouver quelque chose d’amusant à faire avec le matériau du Québec : la neige. Cela fait qu’on peut apprécier l’hiver. »


Certes, tout cet art est « un domaine très exigeant, froid et physiquement dur », mais le contact avec les éléments et le plein air est en fin de compte libérateur et fédérateur. « On aime, en tant que sculpteurs, être ensemble dans ce grand effort. On pourrait rester à la maison, au chaud, mais on préfère être dehors et aller au plus loin de nous-mêmes. C’est presque comme un sport. »



Les six sculptures sont accessibles au public jusqu’à la fin du mois, à côté du château de neige. (Photo : Cristiano Pereira)


Les six sculptures sont accessibles au public jusqu’à la fin du mois, à côté du château de neige. Jusqu’au 26 mars, il est encore possible de voter pour la sculpture qui remportera le prix du public.

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