L’exploitation de terres rares débute dès mars

Pour la première fois au Canada, une entreprise autochtone s’apprête à opérer un site minier. Et c’est pour un projet d’exploitation des terres rares, une autre première au pays.

Signature de l'entente de service entre la société Cheetah Resources (Vital Metals) et Det'on Cho, dans les bureaux de Cheetah Resources à Yellowknife. Debout, de gauche à droite: Bobby Drygeese, président du conseil d'administration la société Det’on Cho, Sarah Kakfwi, administratrice du bureau de Yellowknife de Cheetah Resources et le chef Ernest Betsina de la Première Nation des Dénés Yellowknives. Au premier rang: Paul Gruner, PDG de Det’on Cho Corporation, David Connelly, vice-président aux affaires corporatives et aux stratégie de Cheetah Resources, Kenny Ruptash, président de Nahanni Construction. (Courtoisie Vital)


Marie-Soleil Desautels


Baptisé Nechalacho, le premier projet d’exploitation des terres rares au Canada va démarrer en mars au site du lac Thor, à une centaine de kilomètres à l’est de Yellowknife. La compagnie minière Cheetah Resources, filiale de Vital, a signé un contrat de 8,7 millions avec Det'on Cho Nahanni Construction.


Det'on Cho Nahanni Construction, propriété de la Première Nation des Dénés Yellowknives, va diriger la phase de démonstration de ce projet, qui devrait durer trois ans. De mars à septembre, ses ouvriers vont exploiter une « petite mine à ciel ouvert », selon le communiqué publié par Vital le 22 février, et extraire la roche du gisement Nechalacho. Vital Metals Limited est une société minière australienne.


Le minerai extrait sur le site sera stocké, puis criblé et trié par les employés de la filiale Cheetah Resources durant les périodes estivales, de 2021 à 2023. Selon le communiqué, le produit trié sera par la suite transporté à l'usine d'extraction de terres rares de Vital, à Saskatoon, où sera produit et vendu un carbonate de terres rares. La construction de cette usine devait se terminer en 2021. Celle-ci sera adjacente au premier centre de traitement des terres rares au Canada, détenu et géré par le Conseil de recherche de Saskatchewan, dont les opérations devaient commencer fin 2022.


Vital a signé une entente avec la compagnie norvégienne REEtec, ce mois-ci, dans laquelle elle s’engage à lui fournir 1000 tonnes d’oxydes de terres rares par année pour les cinq prochaines années, avec l’option d’en acheter plus.

Carte du site de la mine de terres rares Nechalacho, durant sa première phase d'exploitation. Pour ses trois premières années d'exploitation, soit la phase de démonstration, l'intention est d'opérer une « petite mine à ciel ouvert ». (Courtoisie Vital)


La Première Nation des Dénés Yellowknives se félicite d’être partie prenante de ce projet. « Les Dénés Yellowknives sont heureux d’être le premier groupe autochtone du Canada à être responsable de l’extraction de minerai sur leur terre traditionnelle a déclaré le chef de la Première Nation, Ernest Betsina, dans le communiqué publié par Vital. Quand les Autochtones conduisent les opérations minières, ils sont davantage en mesure de contrôler les processus, ce qui permettra de mieux préserver l’environnement. Une participation significative dans l’extraction de minerais critiques pour l’économie verte crée de l’emploi et procure des bénéfices à nos membres et entreprises. »


On trouve des terres rares dans de nombreux objets de la vie quotidienne, par exemple, dans les batteries, les téléphones, les téléviseurs, les aimants ou les ampoules fluorescentes. Si on les dit « rares », c’est que, bien qu’elles soient relativement abondantes dans la croute terrestre, il y en a une quantité fixe et qu’elles sont très prisées par les industries. C’est la Chine qui domine largement la production mondiale.


On estime qu’entre 25 et 30 emplois saisonniers seront créés durant la première phase de ce projet.

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