• Batiste Foisy

Confinement: une ligne pour dénoncer

« Accomplissez votre devoir de citoyen : signalez ceux qui ne s’isolent pas. »

- Dre Kami Kandola, administratrice en chef de la Santé publique des TNO

Notre journaliste, qui pratique la distanciation sociale, assiste à la conférence de presse de l'administratrice en chef de la santé publique, la Dre Kami Kandola, sur le web, depuis son poste de radiodiffusion installé dans sa chambre. (Photo: Batiste Foisy)


Il y a quelques heures encore, les mesures d’hygiène publique spéciales mises en place pour freiner la progression de la COVID-19 étaient des recommandations; ce sont désormais des ordres.


« Depuis ce midi aujourd’hui [le 21 mars], les recommandations sont maintenant une ordonnance, a indiqué l’administratrice en chef de la Santé publique en point de presse. C’est pour cette raison que nous demandons maintenant [aux personnes visées par la directive d’auto-isolement] de soumettre un plan d’isolement. Nous avons besoin de leurs noms, de leurs adresses et de leurs coordonnées. Le plan doit ensuite être approuvé par les autorités de la Santé publique. »


La Santé publique encourage les dénonciations et a même mis en place une adresse courriel et une ligne téléphonique dédiée au signalement des personnes soupçonnées de ne pas se plier aux mesures de confinement. Les personnes dénoncées feront l’objet d’une enquête et, le cas échéant, pourraient faire face à des mesures disciplinaires.


« Nous avons mis en place un courriel : protectnwt@gov.nt.ca, annonce la Dre Kandola. Nous invitons le public à soumettre leurs observations via ce compte. Nos agents en hygiène du milieu enquêteront sur chacune de ces déclarations. »


Selon l’administratrice en chef de la Santé publique, de telles enquêtes ont déjà été lancées.


« Beaucoup de personnes pourraient se dire “Bah, attraper la COVID-19, c’est tellement anodin [comme maladie]. Pourquoi en faire tout un plat?”, poursuit celle à qui ont été accordés des pouvoirs spéciaux. « Ces gens ont peut-être des symptômes et ils continuent peut-être à sortir, à se rendre dans des rassemblements publics, ou alors ils continuent de prendre part à des activités qui exposent les gens [au virus], ils ne pratiquent pas la distanciation sociale et ne s’isolent pas. Ce genre de comportement met à risque toute la population des TNO. Nous savons que ce virus se transmet facilement.


« Vous vous sentez peut-être bien, vos symptômes sont peut-être faibles, mais la maladie pourrait être fatale pour nos ainés, pour les personnes atteintes de maladies chroniques et pour les gens qui ont un système immunitaire affaibli.


« Alors, accomplissez votre devoir de citoyen : signalez ceux qui ne s’isolent pas à protectnwt@gov.nt.ca. Maintenant que nous avons mis en place des plans d’isolement, nous avons le pouvoir d’enquêter plus en profondeur qu’auparavant lorsque ce n’était qu’une recommandation. »

La ligne spéciale d'information sur la COVID-19 mise en place récemment, le 1-833-378-8297, peut également servir aux dénonciations. Ce service est disponible de 8 h à 20 h, sept jours par semaine.

Convictions sommaires

Selon l’avis public émis le 20 mars, les mesures disciplinaires peuvent aller jusqu’à l’incarcération pour une période de six mois ou 10 000 $ d’amende. La Loi sur la santé publique, elle, évoque des incarcérations pouvant aller jusqu’à 12 mois pour les récidivistes et des amendes additionnelles de 1000 $ par jour pour chaque journée durant laquelle une personne intimée continue de désobéir aux ordonnances de la Santé publique.


Toujours selon l’avis public du gouvernement des TNO, l’application de ces mesures disciplinaires se fera sur la base de « convictions sommaires », c’est-à-dire sans procès.

Consultez l'arrêté de santé publique émis le 21 mars.

Avec la collaboration du reporter Thomas Ethier