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Santé en français : les ténois appelés à se plaindre

Avez vous déjà craint que votre maîtrise de l’anglais affecte votre santé? Le Réseau TNO met cet enjeu en lumière dans une nouvelle campagne publicitaire lancée sur les réseaux sociaux à la fin janvier. Une série d’images présentent des patients qui, l’air confus, reçoivent les services de professionnels de la santé dont l’image est déformée. « Pas clair? Demandez le français », peut-on lire.


En plus d’encourager les résidents à réclamer des services de santé en français, l’organisme les invite surtout à signaler tout manquement à cette obligation, qui est prévue par la loi. « Nous voulions stimuler la rétroaction, inviter les bénéficiaires à ne pas tenir pour acquis que le service n’existe pas en français, que ce n’est pas grave et qu’il faut passer à l’anglais », résume Audrey Fournier, ancienne directrice de Réseau Santé TNO.



Le journaliste Thomas Ethier a discuté de l’offre de service de soin de santé en français aux TNO avec Audrey Fournier, ancienne directrice du Réseau Santé TNO :



« Il ne faut pas hésiter à se dire “le service en français est supposé exister et c’est important pour moi. Je demande, et, si ça ne fonctionne pas, je le rapporte”, indique-t-elle. Nous voulons faire savoir que le gouvernement a mis en place un ensemble de procédures qui devraient fonctionner sur le terrain, et qu’il est vraiment important de donner une rétroaction à la Santé publique et au GTNO si ces procédures ne fonctionnent pas ».


Une série de mises en scène, où l'ont voit des patients recevoir des services d'un professionnel à l'image déformée, sont diffusées sur les réseaux sociaux. (Crédit photo : Réseau santé TNO)


« Nous l’entendons et nous sommes au courant : il n’y a pas toujours de service en place, confirme Mme Fournier. Ce qui arrive généralement, c’est que le service est planifié, qu’une procédure existe, mais que, pour certaines raisons qui sont davantage du ressort de la mise en œuvre sur le terrain, le service n’est pas disponible lorsqu’on en a besoin. Bref, on se sentait dans une drôle de position de faire la promotion de ces services alors qu’il n’est pas certain qu’il y en aura. »


Comme indiqué sur le site web de l’organisme, réseau TNO Santé a pour mandat de « favoriser l’accès à la santé en français en rassemblant, mobilisant et outillant les instances gouvernementales, les gestionnaires d’établissement de santé et de formation, les professionnels de la santé et la communauté ».


Besoin de données

Selon Mme Fournier, une augmentation des plaintes pourrait contribuer à accélérer la mise en place de solutions du côté du gouvernement. « En parlant avec l’ASTNO et le secrétariat aux affaires francophones, nous entendons parfois que la population n’utilise pas les services en français, et qu’il n’y avait pas assez de demandes pour prouver le besoin, et ce, même s’ils sont tenus d’offrir ces services en français. »


Si les efforts de Santé TNO peuvent aider à prioriser la mise en œuvre de solutions, comme le souligne Mme Fournier, l’obligation d’offrir des services en français demeure indéniable. « Nous n’avons besoin de rien justifier. C’est dans la loi, c’est une obligation, le travail va se faire quand même, indique-t-elle. C’est sûr qu’il y a un travail de priorisation qui a besoin d’être fait par ceux qui font la planification des services. Donc, oui, avoir une rétroaction du public, ça aide à décider ou les efforts prioritaires et les fonds seront dirigés. »


Bien que difficilement visible pour les usagers, Mme Fournier affirme qu’un travail est bel et bien en branle pour améliorer l’offre de service en français. « Il est certain que c’est extrêmement long pour une administration et tout un système de Santé de mettre de nouvelles initiatives en place et de faire en sorte que les patients se rendent vraiment compte que des efforts sont faits. Personnellement, je me rends compte qu’un travail a été fait à l’arrière pour que tout fonctionne mieux », assure-t-elle.