Un prix littéraire pour Amber O’Reilly

Pour son recueil de poésie Boussole franche, l’autrice franco-ténoise installée à Winnipeg s’est vue décerner le prix Rue-Deschambault, remis tous les deux ans à l’écrivain manitobain ayant publié le meilleur livre en français.


Après son succès en poésie, l’autrice Amber O’Reilly présentera prochainement la production de sa pièce Annie et Tom du lundi au vendredi. (Courtoisie Les Éditions du Blé)



Le Rue-Deschambault a été remis le 20 mai dernier, en même temps que dix autres prix par une coalition d’organismes du milieu du livre manitobain.


Commandité par le Conseil des Arts du Manitoba, le prix porte le nom d’un roman de Gabrielle Roy et est ouvert à différents créneaux littéraires. Amber O’Reilly était d’ailleurs en compétition avec un recueil de nouvelles (Buffet froid de Louise Dandeneau) et un roman (Ganiishomong ou l’Extase du temps de J.R. Léveillé). Ces deux livres, comme celui d’Amber O’Reilly, sont parus aux Éditions du Blé. M. Léveillé dirige d’ailleurs la collection où est publiée Boussole franche. Amber O’Reilly s’est montrée heureuse d’être la lauréate du prix, d’autant plus qu’il était remis par des écrivains — Jean Boisjoli, Monia Mazigh, Karen Olsen — qu’elle estime.


« J’ai été très émue qu’ils aient apprécié mon œuvre », dit celle qui considère que le calibre des prix a beaucoup augmenté depuis quelques années. Mme O’Reilly s’est également déclarée honorée de figurer auprès « d’œuvres et de personnes » qu’elle apprécie.


« C’est sûr que ça fait un petit bijou à ajouter à ma biographie, dit-elle. Et l’appui financier qui provient du Conseil des Arts du Manitoba m’encourage à continuer. Je ne pourrais être plus ravie. »

Le recueil Boussole franche a reçu le prix Rue-Deschambault qui récompense le meilleur livre francophone publié au Manitoba. (Courtoisie Les Éditions du Blé)


Un double parcours

Divisée en quatre section, Nord-Ouest, Côte Ouest, Ouest Prairies et Sud, Boussole franche convie ses lecteurs à un double voyage qui tient à la fois de la géographie et de l’introspection.


« Je voulais à la fois revisiter tous les lieux dans lesquels j’ai vécu, où j’ai passé beaucoup de temps, ainsi que mon cheminement personnel à travers tout ça, détaille la poète. Ce sont un peu deux voix qui s’entrecroisent. »

Dans Boussole franche, la lettre y devient un leitmotiv qui recèle

à la fois ce discours du lieu et de l’être : « Y » comme Yellowknife, « y » comme la femme schématisée, « y » comme convergence.


« C’est tout ça, concède Amber. J’ai vraiment réfléchi à la symbolique de tout ce que la lettre “y” peut représenter. Au départ, je pensais faire une section de poèmes “Y”, mais ensuite, je me suis dit “non”, on va faire une petite chasse au trésor, on va les parsemer dans le recueil, et ça va être un peu plus créatif. »


De fait, d’un point cardinal à l’autre, la thématique amoureuse s’impose, qui est celle aussi du corps, du couple, de la féminité. « C’est une composante qui prend beaucoup de place, observe la lauréate. J’ai découvert que j’avais beaucoup de choses à dire. J’essayais d’articuler ce à quoi ressemble mon féminisme à moi et j’ai pu commencer à faire ça à travers la poésie. »


Le choix du français

Amber O’Reilly a été élevée dans un foyer bilingue. Elle aurait pu écrire Boussole franche en anglais, concède-t-elle.


« Mais j’ai vraiment voulu que mon premier recueil soit en français, assure-t-elle, parce que je n’aurais pas vécu les expériences que je raconte dans ce livre si je n’avais pas été francophone. »


« C’est un choix politique qu’on est porté à faire comme auteur évoluant en milieu minoritaire, poursuit-elle : est-ce qu’on veut vraiment se démarquer ou on veut essayer de se conformer ? Ce n’est peut-être pas aussi simple que ça, mais ce sont les valeurs avec lesquelles j’ai joué pour choisir d’écrire en français. »


Tentation théâtrale

Délaissant momentanément la poésie, Amber O’Reilly, qui aime beaucoup la scène, se concentre actuellement sur l’écriture d’une trilogie dramaturgique et la présentation, à Winnipeg l’été prochain, de sa première pièce, Annie et Tom du lundi au vendredi.

Il s’agit de l’histoire parsemée de conflits d’un couple aux prises avec un téléphone verbomoteur et manipulateur et un livreur de pizza qui aspire à devenir DJ.


« C’est un texte assez flyé, assez coloré, révèle Amber. On s’enligne sur une mise en scène plutôt surréaliste. On a une belle équipe de concepteurs émergents. On va essayer de faire ressortir le clivage entre rêve et réalité que vivent les personnages. Le seul lien avec Boussole franche, c’est qu’il y a des éléments inspirés de mon vécu, comme dans tout ce que j’écris. »

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