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Une seconde majorité féminine est possible

Dernière mise à jour : 29 nov. 2023

Mathématiquement, le cabinet et la 20e Asssemblée législative peuvent retrouver le même niveau historique de représentation des femmes qu’en 2019.

Denis Lord

IJL – Réseau. Presse – L’Aquilon


Vingt-quatre des 55 candidats au poste de député sont des femmes1, soit une de plus qu’aux précédentes élections pour un nombre égal de postulants.

En 2019, neuf des 19 sièges étaient occupés par des femmes; Jane Armstrong s’est ajoutée en 2021, remplaçant Jackson Lafferty dans Monfwi.

« Je suis fière de dire que les TNO sont la première juridiction dans l’histoire canadienne à avoir une majorité de femmes dans sa législature », avait dit la première ministre Caroline Cochrane à l’Assemblée législative, le 8 mars dernier. Son cabinet était aussi très majoritairement féminin.

Cette hausse est impressionnante lorsqu’on se rappelle qu’aux élections de 2015, neuf femmes s’étaient présentées, deux étant élues.


Des acquis fragiles

Cette année, les femmes sont absentes de quatre circonscriptions (Hay River Nord et Sud, Delta du Mackenzie et Yellowknife Centre); le chiffre était de six en 2019, et de neuf en 2015. Dans dix circonscriptions, on retrouve un nombre égal ou majoritaire de femmes, et il faut ajouter les députées sortantes Caitlin Cleveland, Caroline Wawzonek et Jane Armstrong, réélues par acclamation.

Plusieurs sont pourtant d’avis qu’il ne faut rien tenir pour acquis.

« Je suis préoccupée par le fait qu’alors que nous avons enlevé des barrières, d’autres sont apparues, a déploré la ministre de la Santé et des Services sociaux, Julie Green, le 8 mars dernier à l’Assemblée. […] Il y a des éléments toxiques qui peuvent dissuader les femmes des TNO de se présenter. »

Mme Green a fait référence aux attaques verbales, entre autres dans les médias sociaux.


Menaces

Katrina Nokleby a identifié des dangers analogues le 28 septembre dernier, toujours à l’Assemblée. « Les gens qui s’identifient comme femmes ou comme membres de la communauté LGBTQIA2S+ affrontent de sérieux obstacles pour se présenter en politique, y compris des obstacles financiers, a dit la députée de Great Slave. […] Les femmes et les LGBTQIA2S+ sont découragées de mettre leur nom de l’avant à cause des menaces de violence et des attaques verbales souvent utilisées dans les médias sociaux pour intimider et rabaisser. Elles font aussi face à des perceptions négatives par rapport à leur compétence et leur qualification, malgré leur intelligence, leur expérience et leur éducation. L’Assemblée législative doit prendre des mesures fortes pour surmonter ces défis. »

Dans sa circonscription le 14 novembre, Mme Nokleby affronte James Lawrance, Kate Reid et Stacie Arden Smith.


Les compétences d’abord

Le Conseil sur la condition de la femme des Territoires du Nord-Ouest observe avec intérêt les déroulements des élections. « On s'attend bien évidemment aujourd'hui à ce que le nombre record de députées [de la XIXe Assemblée] soit égalé à minima, commente la directrice générale de l’organisme, Sophie Lubet. Mais on s'attend aussi à ce qu'on parle beaucoup de la compétence des femmes plutôt que de les identifier par leur genre. »

La présence des femmes dans la précédente Assemblée législative, dans divers comités comme celui sur le développement social, a selon elle favorisé l’équité entre les genres. Elle louange l’École de campagne électorale, qui a fourni aux « femmes qui avaient déjà envie de se lancer en politique les outils dont elles avaient besoin ».


Les femmes et la diversité des genres

Si le Conseil sur la condition de la femme des TNO appuie la diversité des genres, celle-ci, souligne sa représentante, ne doit pas s’exercer au détriment des femmes.

Sophie Lubet souhaite que l’ensemble des candidats s’expliquent sur leur vision des droits de la femme par rapport à la diversité des genres. « Parler de diversité, spécifie-t telle, ça ne veut pas dire qu’on n'a plus à se battre pour les droits des femmes. Beaucoup de choses ont été faites, mais il y en a encore beaucoup à faire sous couvert de cette diversité. »

Elle reproche au gouvernement la volonté de transformer la Loi relative au Conseil sur la condition de la femme des TNO pour y inclure la diversité de genre (Projet de loi 75, non adopté à la dernière assemblée).

« On travaille à être plus inclusif avec la communauté, souligne Mme Lubet […], mais on estime que ça va complètement à l'encontre de la reconnaissance de cette communauté que de leur dire «Écoutez, pour défendre vos intérêts on va vous mettre avec le Conseil des femmes». Ce n'est pas leur donner une voix à proprement parler et nous, on veut exister par nous-mêmes. »


Loi en gestation

Le Comité permanent sur le développement social n’a pas entériné le projet de loi gouvernemental ni les amendements proposés.

« Le Comité est d’avis que les amendements législatifs du projet de loi 75 ne vont pas assez loin […] pour supporter l’équité entre les genres et atteindre l’égalité entre les femmes, les filles et les LGBTQIA2S+ », a déploré de son côté sa présidente, Caitlin Cleveland, le 29 septembre dernier.

Le comité a relevé l’absence de définitions de certains termes, de références à des organismes consacrés à cette égalité et à leur financement.



1. 45 candidats se sont identifiés à L’Aquilon comme étant homme ou femme; rien n’a permis d’associer les 10 derniers à un autre genre.




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